Ligue 1 Mobilis : La valse des entraîneurs reprend de plus belle
À peine sept journées disputées, les têtes tombent déjà. De Béchar à Biskra, en passant par Constantine, Khenchela et Sétif, la fragilité du poste d’entraîneur confirme sa réputation dans un championnat où la patience reste une denrée rare.
La Ligue 1 Mobilis n’a pas fait exception à la règle. Moins de deux mois après le coup d’envoi du championnat, lancé le 3 septembre, cinq clubs sur seize ont déjà connu une secousse sur leur banc : la JS Saoura, l’USM Khenchela, le CS Constantine, l’US Biskra et, dernier en date, l’ES Sétif, qui a résilié lundi soir, à l’amiable, le contrat de Hamada Sedki. Le premier à tomber est un nom connu de la maison saouréenne. Lotfi Boudraa, revenu à la barre technique de la JSS le 19 juillet, a quitté son poste dans la foulée de la lourde défaite concédée le 18 septembre sur le terrain du promu JS El Biar (4-0). Un revers de trop pour un club vice-champion d’Algérie, déjà éliminé au premier tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF. Zakaria Benabed a assuré l’intérim avant la désignation de Majdi Kardi, le 4 octobre. Le même week-end, à Khenchela, Billel Dziri a présenté sa démission alors que l’USMK occupait la 13e place, Mohamed Djebaili prenant les commandes par intérim.
Octobre a ensuite accéléré la cadence. À Constantine, le Tunisien Mondher Kebaier, arrivé le 2 juillet, a été limogé le 18 octobre, au lendemain de la défaite à domicile contre la JS El Biar (2-4), alors que le Cirta pointait à la 9e place. Le CSC, qui n’a pas encore officialisé son successeur, a depuis glissé au 11e rang avec sept points. À Biskra, Nadhir Leknaoui, nommé fin juillet, a été remercié le 21 octobre. Le promu occupe la dernière place avec deux points seulement, au terme d’une série de quatre défaites de suite, la pire du championnat. Reste le cas de l’Entente. Arrivé le 1er juillet, Hamada Sedki n’aura tenu que quatre mois. La défaite à domicile face au CR Témouchent (1-2) a précipité la rupture, et l’ESS, 12e avec cinq points, se retrouve à une longueur de la zone rouge. Amir Karaoui et Lounès Gaouaoui assurent l’intérim avant le déplacement à Chlef, vendredi.
Un mal chronique
Le phénomène n’a rien d’une nouveauté. L’été dernier déjà, huit clubs avaient changé de technicien avant même la reprise, pour la plupart à l’issue de fins de contrat, de l’Olympique Akbou à la JS Kabylie, en passant par le CR Belouizdad, désormais dirigé par Nabil Maâloul. La saison précédente avait été plus éloquente encore, dès le mois de mars, treize clubs sur seize avaient déjà changé d’entraîneur. En moyenne, une vingtaine de techniciens perdent leur poste chaque saison, généralement à mi-parcours. À ce rythme, l’exercice 2026-2027 pourrait battre tous les records. Le constat est connu. Des présidents pressés, des résultats exigés dès les premières journées et des projets sportifs sacrifiés sur l’autel du court terme et les bancs de touche paient l’addition d’une instabilité devenue structurelle. Les clubs qui résistent à la tentation du changement, à l’image du MC Oran, leader provisoire, ou de la JS Kabylie, en tête du peloton, sont rarement ceux que l’on retrouve en bas de tableau. La preuve, une fois de plus, que la stabilité reste le meilleur allié des ambitions.
M. Dahleb

