Économie

Réguler les excédents, produire ses semences et transformer localement : Une nouvelle feuille de route pour la filière pomme de terre

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a présidé lundi à Alger une rencontre nationale réunissant des producteurs de toutes les wilayas du pays, le président de la Chambre nationale d’agriculture, les directeurs des établissements de régulation des produits agricoles de large consommation ainsi que des cadres du secteur, selon un communiqué du ministère. L’objectif affiché de cette concertation était d’examiner l’état de la filière pomme de terre — l’un des produits de base les plus consommés en Algérie — et de tracer des perspectives concrètes pour en assurer la pérennité économique. Le diagnostic posé lors de cette rencontre est sans ambiguïté. La filière souffre d’un paradoxe structurel : une production abondante, mais des mécanismes de mise en marché et de régulation insuffisants pour absorber les excédents et garantir aux exploitants un revenu stable. Les discussions ont porté, indique le communiqué, sur « la nécessité de trouver des solutions à même de garantir la stabilité de la filière pomme de terre en établissant un équilibre entre l’abondance de la production et la pérennisation de l’activité des agriculteurs dans cette filière, tout en encourageant l’investissement face à la demande croissante sur ce produit ». Ce déséquilibre récurrent, qui se traduit par des chutes de prix en période de forte récolte et par des pénuries ponctuelles le reste de l’année, pèse aussi bien sur le pouvoir d’achat des consommateurs que sur la trésorerie des exploitants.

 Pour y remédier, plusieurs mesures opérationnelles seront mises en œuvre dès cette année. Le communiqué cite en premier lieu « la révision du système de régulation actuel et une meilleure prise en charge des excédents de production par les organismes de régulation relevant du ministère de l’Agriculture ». L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) sera chargée d’affecter, dans plusieurs régions du pays, des zones industrielles spécifiquement dédiées à la transformation des produits agricoles, dont la pomme de terre.

 La question semencière, talon d’Achille historique de la filière, a également occupé une place centrale dans les débats. Le ministère, précise le communiqué, « est en train de revoir la pyramide de production des semences, en associant le secteur privé, ce qui renforcera la compétitivité du produit algérien sur les marchés extérieurs ». Réduire la dépendance aux importations de semences permettrait en effet de comprimer les coûts de production et d’améliorer les marges des exploitants, condition indispensable pour stimuler l’exportation. Dans cette optique, l’accent a été mis sur « l’accompagnement et l’encouragement des agriculteurs exportateurs à créer des coopératives », structures jugées essentielles pour mutualiser les moyens logistiques et atteindre les volumes exigés par les marchés étrangers. Enfin, la rencontre a abordé des problématiques transversales qui conditionnent la viabilité de l’ensemble de la chaîne de valeur : la fourniture d’engrais « en quantités suffisantes et selon les normes requises », le développement de la vente directe du producteur au consommateur afin de raccourcir les circuits de distribution, ainsi que le traitement des difficultés liées au financement et à l’assurance agricole, deux leviers sans lesquels les exploitants peinent à investir et à se prémunir contre les aléas climatiques et commerciaux.

Sabrina A.

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