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Lutte contre la corruption : La Haute Autorité se dote enfin de son armature opérationnelle

La Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC) dispose désormais d’une organisation interne détaillée, bureau par bureau, qui lui confère les moyens administratifs d’exercer pleinement ses missions de contrôle des patrimoines des agents publics, d’enquête sur l’enrichissement illicite et de suivi des engagements internationaux de l’Algérie en matière d’anticorruption.

Un arrêté interministériel signé le 23 octobre 2025 par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, et la présidente de la HATPLC, Salima Mousserati, et publié au Journal officiel du 24 février 2026, fixe l’organisation en bureaux de l’ensemble des sous-directions de l’institution, parachevant ainsi l’édifice institutionnel dont les structures avaient été définies par le décret présidentiel du 27 juin 2023. L’enjeu est considérable dans un pays qui a fait de l’assainissement de la gouvernance publique une priorité. Créée par la Constitution de 2020 et érigée en institution indépendante rattachée à la présidence de la République, la HATPLC était jusqu’ici une instance dont les contours juridiques ont été mis en place mais dont la mécanique interne restait à assembler. C’est chose faite avec ce texte qui structure trois piliers opérationnels. Le premier concerne les déclarations de patrimoine, obligation légale imposée aux hauts fonctionnaires et aux élus. Deux directions spécialisées couvriront désormais l’intégralité de la chaîne, depuis « la réception et la gestion des déclarations de patrimoine » jusqu’à « le traitement et l’exploitation des données », en passant par la gestion d’une « plate-forme numérique des déclarations de patrimoine ». La numérisation du dispositif constitue une avancée notable : elle devrait permettre des croisements de données plus rapides et limiter les zones d’opacité qui ont longtemps caractérisé l’exercice, souvent réduit à une formalité administrative sans véritable contrôle.

Un organe d’enquête sur l’enrichissement illicite

Le deuxième pilier est sans doute le plus sensible politiquement. L’arrêté organise un « organe spécialisé d’enquête administrative et financière sur l’enrichissement illicite de l’agent public », doté de deux directions et de huit bureaux dédiés à la collecte de preuves, à la programmation des investigations et à l’évaluation de leurs résultats. C’est là que se jouera la crédibilité de l’institution aux yeux des citoyens : sa capacité à détecter, documenter et transmettre à la justice des cas concrets d’enrichissement inexpliqué déterminera si la HATPLC devient un véritable contre-pouvoir. Le troisième pilier porte sur la prévention, la sensibilisation et la coopération internationale. Un bureau est spécifiquement chargé de « l’élaboration des cartographies des risques de corruption », outil méthodologique indispensable pour identifier les secteurs les plus exposés — marchés publics, foncier, douanes, fiscalité — et y concentrer les efforts. Un autre assure « le suivi de l’application des conventions internationales et régionales », notamment la Convention des Nations unies contre la corruption, que l’Algérie a ratifiée.

Hocine Fadheli

Jeunesse

Session de formation sur la transparence et la culture de dénonciation de la corruption

Le ministre de la Jeunesse, chargé du Conseil supérieur de la jeunesse (CSJ), Mustapha Hidaoui, et la présidente de la Haute autorité de
transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, Salima Mousserati ont coprésidé, jeudi à Alger, une session de formation sur le thème « Consolider la
transparence et l’intégrité et promouvoir la culture de dénonciation de la corruption ». Lors de cette rencontre, qui a vu une large participation des différents acteurs de la jeunesse via visioconférence, M. Hidaoui a indiqué que cette initiative interactive
s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la convention conclue entre le CSJ et la HATPLC, visant à permettre aux jeunes de contribuer activement à la vie publique et à
la prise de décision. Cette rencontre tend à « ancrer la culture de l’intégrité et de la lutte contre la corruption au sein des jeunes et de renforcer leur présence dans les différentes initiatives nationales, à travers des activités innovantes, en associant les organisations estudiantines, les mouvements associatifs et les créateurs de contenu comme partenaires
essentiels dans la sensibilisation », a précisé le ministre. Mme Mousserati a, pour sa part, appelé à consolider la culture du rejet de la corruption, affirmant que la lutte contre ce fléau « n’est pas la seule responsabilité des institutions, mais un projet sociétal et moral fondé sur la conscience et la responsabilité du citoyen, dont les jeunes constituent l’élément central ». Elle a également invité les jeunes à « s’engager activement dans la diffusion des valeurs d’intégrité au sein de leurs universités, quartiers, institutions et plateformes
numériques, à participer aux campagnes de sensibilisation et à rejoindre les associations et clubs activant dans le domaine de la prévention ». La présidente de la HATPLC a aussi exhorté les jeunes à proposer des initiatives visant à « renforcer la bonne gouvernance, tout en s’engageant à signaler toutes les formes de corruption par les voies légales », les qualifiant de « première ligne de défense pour bâtir une société juste et intègre, et véritables acteurs du changement auquel aspire l’Algérie ».

APS

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