Guerre au Moyen-Orient : Trump veut la capitulation de l’Iran, le monde s’alarme
Au septième jour d’un conflit qui embrase le Moyen-Orient, Donald Trump a tranché vendredi tout espoir de négociation rapide en exigeant sur Truth Social la « capitulation totale » de l’Iran. « Il n’y aura d’accord avec l’Iran sans reddition inconditionnelle ! », a-t-il proclamé, tandis que les bombes continuaient de tomber sur Téhéran, Beyrouth et les capitales du Golfe, et que la communauté internationale appelait de ses vœux une désescalade que rien, pour l’heure, ne semble annoncer.
La guerre, déclenchée le 28 février par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran — alors même que des négociations étaient encore en cours entre Washington et Téhéran —, a rapidement débordé ses frontières initiales pour menacer de transformer l’ensemble du Proche et Moyen-Orient en champ de bataille. En une semaine, elle a fait plus de mille morts en Iran selon les autorités de Téhéran, dont le guide suprême Ali Khamenei, tué dès le premier jour des frappes, le 28 février. Au Liban, 217 personnes ont péri depuis lundi sous les bombardements israéliens, selon le ministère libanais de la Santé. Sur le terrain, la journée de vendredi a été marquée par une intensification simultanée des opérations sur plusieurs fronts. L’entité sioniste a frappé Téhéran « à grande échelle », selon ses propres termes, avec une cinquantaine d’avions de combat qui ont notamment ciblé le bunker du guide suprême défunt. Dans la capitale iranienne, des habitants témoignent d’explosions entendues « au moins cinq ou six fois par jour », et d’une ville qui « s’est vidée ». Dans la banlieue sud de Beyrouth, des dizaines de milliers de personnes ont fui après des ordres d’évacuation massifs lancés par l’armée d’occupation israélienne, qui y a mené quatre nouvelles frappes dans la matinée. Des bâtiments éventrés, des véhicules calcinés, un immeuble de dix étages soufflé sans avertissement à Saïda : les images de l’AFP témoignent d’une destruction méthodique.
En riposte, l’Iran frappe sur un arc géographique considérable. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des attaques contre des bases américaines au Koweït, des systèmes radar américains aux Émirats arabes unis, en Jordanie et au Qatar, ainsi que le ciblage d’un pétrolier américain près des frontières koweïtiennes. Des explosions ont également été entendues au Bahreïn, à Bandar Abbas et dans plusieurs villes du Golfe. L’Azerbaïdjan a pour sa part annoncé avoir été visé par quatre drones iraniens sur son exclave du Nakhitchevan, et a promis des représailles, faisant craindre une extension du conflit jusqu’au Caucase.
Des efforts de médiation
Sur le plan diplomatique, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré vendredi que des pays avaient entamé « des efforts de médiation » pour mettre fin à la guerre, tout en précisant que cette médiation devait « s’adresser à ceux qui ont sous-estimé le peuple iranien et déclenché ce conflit ». Une formulation qui résume la position de Téhéran : disposé à une paix durable, mais refusant de se positionner en demandeur. Cette posture contraste avec la rhétorique de Washington. Si Trump a écarté l’hypothèse d’un envoi de troupes au sol en Iran — « une perte de temps », selon lui —, son ministre de la Défense Pete Hegseth a averti que « nous ne sommes qu’au début des combats ». Quant aux attentes du président américain sur la future direction de l’Iran, il les a exprimées sans détour : « Il faut un dirigeant juste et équitable, qui traite bien les États-Unis et Israël. »
En Europe, les réactions oscillent entre inquiétude et franche opposition. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié les attaques américano-israéliennes d’« erreur extraordinaire » constituant « une menace pour la paix mondiale », ajoutant que son pays en « paye déjà le prix par la hausse des prix du carburant ». Madrid avait refusé que les bases espagnoles soient utilisées pour frapper l’Iran, au risque d’une menace d’embargo américaine. Le chancelier allemand Friedrich Merz, plus mesuré dans la forme mais convergent sur le fond, a mis en garde contre « un effondrement de l’État iranien » qui pourrait déclencher des « mouvements migratoires incontrôlés » vers l’Europe, appelant à un cadre diplomatique de sortie de crise. À l’ONU, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk a sonné l’alarme depuis Genève, appelant le monde à « agir d’urgence » face à une escalade nourrie par « des discours plus incendiaires, davantage de bombardements, de destructions et de morts ». Il a réclamé « un cessez-le-feu immédiat » et exigé des enquêtes « rapides, transparentes et impartiales » sur le bombardement d’une école à Minab, dans le sud de l’Iran, au premier jour de la guerre, qui aurait fait 150 morts selon Téhéran. Ni Washington ni Tel-Aviv n’ont admis cette frappe, mais une enquête du New York Times, corroborée par des sources militaires américaines citées par Reuters, juge « probable » que les forces américaines en soient responsables.
Les marchés, eux, ont rendu leur verdict : le Dow Jones a cédé 1,44%, et le baril de Brent a frôlé 92 dollars, son plus haut depuis avril 2024. La guerre coûte, et elle ne fait peut-être que commencer.
Lyes Saïdi
Agression sioniste contre le Liban
Le nombre de déplacés dépasse les 83.000 personnes
Le nombre de déplacés au Liban a dépassé les 83.000 personnes à la suite de l’agression sioniste menée au début de la semaine contre le pays, qui a fait 72 martyrs et des centaines de blessés, ont indiqué jeudi les autorités libanaises. Les mêmes sources ont précisé que les menaces et les attaques continues ainsi que les larges ordres d’évacuation émis par l’entité Sioniste ont contraint des dizaines de milliers d’habitants du sud du Liban à fuir vers les régions du nord, dans un contexte d’intensification des opérations militaires et de craintes croissantes d’une aggravation de la crise humanitaire. Les principales routes menant à Beyrouth et Saïda ont connu d’importants mouvements de déplacement, les familles quittant leurs domiciles dans l’urgence, tandis que des écoles et des bâtiments publics ont été transformés en centres d’hébergement temporaires, accentuant la pression sur les infrastructures et les services de base dans les zones accueillant les déplacés.

