Palestine occupée : Le Groupe de La Haye mobilise quarante pays pour faire appliquer le droit international
Quarante pays ont participé mercredi à La Haye à la réunion d’urgence convoquée par le Groupe de La Haye, coprésidé par l’Afrique du Sud et la Colombie, sur la responsabilité et l’application du droit international en Palestine occupée, dans le plus grand rassemblement organisé par cette instance depuis sa création en janvier 2025 durant le génocide à Ghaza pour coordonner des actions gouvernementales visant à exercer une pression économique et politique sur l’entité sioniste. Les participants se sont réunis dans un contexte d’accélération sans précédent de la politique de colonisation menée par l’entité sioniste, ainsi que l’escalade illégale des opérations militaires en Cisjordanie, qui équivaut à une annexion de facto de la Cisjordanie occupée et constitue une atteinte directe à la contiguïté territoriale nécessaire à la réalisation du droit des Palestiniens à l’autodétermination. Les représentants des États ont réaffirmé l’importance primordiale de la Charte des Nations unies et de l’ordre juridique international en tant que fondement de relations pacifiques et justes entre les États et les peuples, réitérant leur engagement en faveur de l’interdiction de l’acquisition de territoires par la force, du droit des peuples à l’autodétermination et de l’obligation pour tous les États de garantir la responsabilité des crimes les plus graves au regard du droit international. Face à l’absence persistante de responsabilité pour les actions illégales de l’entité sioniste, les participants ont réaffirmé leur engagement à garantir la responsabilité pour les crimes les plus graves au regard du droit international par le biais d’enquêtes et de poursuites appropriées, équitables et indépendantes. Compte tenu de ces préoccupations urgentes, les dirigeants ont présenté des mesures concrètes tirées des obligations juridiques des États tiers telles que déterminées par l’avis consultatif de la Cour internationale de justice de juillet 2024 et la résolution ES-10/24 de l’Assemblée générale des Nations unies de septembre 2024, qui seront développées et officiellement présentées lors d’une prochaine réunion ministérielle. Ces mesures visent notamment à garantir qu’aucun refuge ne soit offert aux auteurs de génocide, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes d’agression, à mettre en œuvre une obligation de divulgation concernant le service dans l’armée sioniste, soumettant les voyageurs munis de documents de voyage sionistes à un contrôle secondaire potentiel aux points d’entrée en vertu des règles nationales d’inadmissibilité des crimes de guerre, à garantir la responsabilité des crimes les plus graves en vertu du droit international par le biais d’enquêtes et de poursuites solides, impartiales et indépendantes au niveau national ou international, et à garantir la justice pour toutes les victimes et la prévention de crimes futurs. Les mesures présentées portent également sur la nécessité de refuser de reconnaître la validité juridique des colonies, d’interdire l’importation de produits provenant des colonies et d’empêcher les entreprises nationales d’opérer dans les colonies, en veillant à ce qu’aucun ressortissant, aucune entreprise ou entité relevant de la juridiction des États participants ne reconnaisse ou ne soutienne matériellement la présence illégale de l’entité sioniste. Ces mesures prévoient en outre de mettre fin à la complicité et d’empêcher le transfert, le transit ou le transport d’armes, de munitions, de carburant militaire et de biens à double usage vers l’entité sioniste.
Cette mobilisation internationale intervient alors que la situation sur le terrain continue de se détériorer. Les autorités d’occupation sionistes ont de nouveau empêché vendredi les fidèles palestiniens d’accomplir la prière du troisième vendredi du mois sacré de Ramadan à la mosquée Al-Aqsa dans la ville d’El-Qods occupée, maintenant la fermeture du site pour le septième jour consécutif. Le gouvernorat d’El-Qods occupée a indiqué dans un communiqué que les forces de l’occupation avaient informé que l’esplanade de la mosquée d’Al-Aqsa resterait fermée aux fidèles et qu’aucune prière du vendredi n’y serait autorisée.
Dans la bande de Ghaza, Euro-Med Human Rights Monitor a affirmé jeudi que les autorités de l’occupation sioniste poursuivent le génocide éducatif vingt-huit mois après le début de l’agression militaire, à travers l’imposition de politiques systématiques et délibérées visant à priver la population de la reprise du processus éducatif. L’observatoire a documenté la mort en martyr de 18 911 élèves du cycle scolaire et de 1362 étudiants universitaires, en plus de 2931 étudiants blessés, ainsi que des dizaines de milliers d’autres élèves blessés à des degrés divers. Plus de 780 000 élèves et étudiants sont privés d’un enseignement régulier dans une interruption systématique qui s’étend désormais sur trois années scolaires consécutives.
L.S.

