Culture

Opéra d’Alger : Mok Saib enchante le public

La star des réseaux sociaux a transformé vendredi soir la grande salle de l’Opéra Boualem-Bessaih en terrain de jeu musical, livrant une performance explosive portée par l’improvisation et une communion totale avec un public de jeunes conquis. Il n’est pas le genre d’artiste à rester sagement derrière son micro. Vendredi soir à Alger, Mokhtar Saib, dit « Mok », a investi la scène de l’Opéra Boualem-Bessaih avec l’énergie débordante qui fait sa réputation sur les réseaux sociaux, où ses performances « spectaculaires » lui ont bâti une solide fanbase. Le concert, organisé dans le cadre du programme artistique ramadhanesque de l’Opéra, a drainé une foule de jeunes mélomanes venus retrouver en chair et en os la star qu’ils suivent chaque jour sur leurs écrans. Accompagné de deux guitaristes et d’un batteur, l’artiste a livré une set-list puisée dans ses titres les plus emblématiques — Ma femme, Je m’en fous, Qouli li — mais c’est la forme autant que le fond qui a retenu l’attention. Guitares saturées, rythmiques rock, échanges spontanés avec la salle : Mok Saib revendique une esthétique du moment, celle d’une musique qui se construit en direct. « Mes performances sont des moments de grande énergie où l’improvisation et l’interaction avec le public représentent un aspect crucial », a-t-il confié à l’APS en marge du spectacle. Son univers, forgé à la croisée des cultures, assume pleinement ses influences multiples. L’artiste le décrit lui-même comme une « fusion sonore mêlant les racines du raï et des instruments traditionnels à des influences rock occidentales » — un mélange qu’il a illustré ce soir par deux reprises significatives : Caravane to Bagdad de Hamid Baroudi et Tal Ghyabek ya Ghzali, hommage au regretté Cheb Hasni (1968–1994), icône du raï disparu trop tôt.

Pour Mok Saib, qui foulait pour la première fois les planches de l’Opéra d’Alger, la soirée avait aussi une valeur symbolique. Il estime que ce lieu d’exception lui a permis d’« exprimer sa personnalité artistique dynamique et cosmopolite ». Le public, lui, ne s’est pas posé tant de questions : il a repris les refrains en chœur, dansé, crié, et salué longuement une performance qui confirme que la nouvelle scène algérienne a décidément beaucoup à dire.

Les soirées artistiques ramadhanesques à l’Opéra Boualem-Bessaih se poursuivent jusqu’au 16 mars.

M.S.

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