Théâtre national algérien: Alger célèbre la créativité de la jeunesse arabe et méditerranéenne
Le Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi a accueilli lundi l’ouverture du Colloque international des jeunes créateurs, organisé par l’Association « El Kalima » pour la culture et l’information dans le cadre de la commémoration du 71e anniversaire du déclenchement de la Révolution de libération nationale. Placée sous le slogan « Nos créations préservent la Mémoire », cette rencontre de deux jours réunit des jeunes talents venus d’Égypte, de Syrie, de Jordanie, du Sahara occidental, de Libye, de Tunisie, d’Espagne, du Yémen ainsi que de plusieurs wilayas algériennes. Organisé sous le double patronage du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit et du ministère de la Culture et des Arts, cet événement s’inscrit dans une démarche mémorielle et prospective, faisant dialoguer l’héritage de la lutte de libération avec l’effervescence créative de la nouvelle génération. Dans une allocution prononcée en son nom par le chef de cabinet du ministère, Mohamed Sidi Moussa, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a salué cette initiative qui constitue, selon elle, « une opportunité d’échange des expériences ». Elle a particulièrement relevé que « la présence de ces jeunes issus de diverses cultures et origines, confirme que la créativité, par son langage universel, transcende les divergences et toutes les frontières ».
Dans son intervention, la ministre a insisté sur la valeur stratégique de cette jeunesse créative pour l’avenir culturel du pays. « Les jeunes créateurs représentent un capital inestimable », a-t-elle soutenu, réaffirmant « la volonté de son secteur d’ouvrir les portes et de mettre à disposition des plateformes à ces jeunes dont la voix porte un projet civilisationnel à même de répondre aux grandes questions de notre époque ». Cette déclaration traduit la volonté des autorités culturelles algériennes de faire de la jeunesse créative un acteur central du rayonnement culturel du pays, tant sur le plan national que régional. De son côté, le président de l’Association « El Kalima », Ahmed Bouchikhi, a inscrit cette rencontre dans une perspective à la fois mémorielle et tournée vers l’avenir. Il a indiqué que ce colloque constitue « un carrefour de rencontre entre le passé et le présent, où se mêlent la mémoire nationale et l’éclat de créativité des jeunes », réaffirmant que « l’Algérie a toujours été et demeure une patrie qui valorise la connaissance et les talents et cultive l’espoir ». Selon lui, ce colloque « rend hommage aux jeunes issus des différentes wilayas du pays ainsi que de pays arabes frères et de l’Espagne, pays ami », lesquels « se sont réunis en Algérie, terre des martyrs, pour faire de la créativité un pont de dialogue et de la parole libre un phare de rapprochement et de fraternité ». Cette vision fait écho à la tradition diplomatique culturelle de l’Algérie, qui a toujours considéré la création artistique comme un vecteur privilégié du dialogue entre les peuples et les cultures. La cérémonie d’ouverture a offert un aperçu de la richesse et de la diversité des expressions artistiques qui animeront ces deux journées. Des lectures poétiques et des prestations musicales variées, présentées par des poètes et artistes d’Algérie et des pays participants, ont ponctué cette première journée. Une exposition d’œuvres plastiques consacrée à la Révolution de libération nationale et à ses figures emblématiques a également été inaugurée, rappelant le lien indissociable entre mémoire historique et création contemporaine. Des morceaux musicaux inspirés du patrimoine du Sahara occidental ont été interprétés, témoignant de la solidarité culturelle qui unit l’Algérie aux causes justes de la région. Deux hommages émouvants ont marqué cette ouverture. Le premier a été rendu au moudjahid Intighar Belkacem, dit « Abdelkader », figure de la Révolution de libération. Le second a honoré la mémoire du journaliste palestinien Wissam Abou Zaid, correspondant de la Télévision algérienne à Gaza, dont la distinction a été reçue par son frère.
Mohand S.

