Culture

Musique : Tikoubaouine enflamme le TNA

Le blues du désert a résonné, mardi soir, sous les ors du Théâtre national algérien. La formation touarègue Tikoubaouine a offert au public de la capitale une soirée de plus de deux heures, mêlant les pépites de son répertoire aux premières exclusivités de son nouvel album, « Awchem ». C’est une salle comble qui a accueilli, dans la nuit de mardi à mercredi, le groupe originaire du Grand Sud algérien. Depuis la scène mythique du Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi, Tikoubaouine a confirmé ce que ses fidèles savent depuis longtemps : le blues du désert n’est pas un genre de niche, c’est une musique qui traverse les latitudes et fédère. Fondée en 2013, la formation de cinq musiciens chantant en tamasheq a su forger un langage sonore singulier, baptisé « Asouf », qui tresse les rythmes traditionnels touaregs à l’électricité du rock, aux ondulations du reggae et aux accents folk de la musique occidentale contemporaine. Le set a balayé l’essentiel d’un répertoire désormais bien ancré dans la mémoire collective. Les titres « Ana Sahraoui », « Tiniri », « Semghar Imediouan », « Itma », « Inezgamdiché » ou encore « Habek Riwaya » et « Laïgh Izman » se sont succédé sous les applaudissements nourris d’un public qui reprenait en chœur certains refrains. La guitare électrique et la basse dialoguaient avec le djembé, instrument-totem du groupe, créant cette tension caractéristique entre l’ancestral et le moderne qui fait l’identité de Tikoubaouine.

Mais la soirée portait également la promesse d’un renouveau. Le groupe a dévoilé en avant-première plusieurs titres de son prochain opus, « Awchem » — « fils de la gazelle » en tamasheq —, attendu prochainement sur le marché algérien. Onze chansons composent cet album, dont « Asmar Ya Ghali », « Talyat », « Dunya Wesal w Infisal » et « Mastouchal » ont été entendues pour la première fois sur scène. Le public a réservé à ces nouvelles compositions un accueil chaleureux, signe que la formule musicale du groupe continue de séduire et d’évoluer sans se trahir.

En coulisses, Said Benkhira, guitariste, chanteur et figure centrale du groupe, n’a pas caché sa satisfaction. Interrogé par l’agence officielle APS, il a confié avoir « présenté en exclusivité au public de nombreuses chansons du nouvel album qui sortira prochainement en Algérie sous le titre Awchem et qui comprend onze titres », se disant « heureux d’avoir animé un concert sur la scène de Mahieddine-Bachtarzi et de la forte interaction du public avec la prestation du groupe ». Une reconnaissance qui compte, sur une scène qui en a vu d’autres. Benkhira a également tenu à souligner la maturité de l’auditoire algérien face à ce genre hybride. Pour lui, « le public algérien est un bon connaisseur de ce style musical qui réunit le patrimoine musical algérien authentique, son âme africaine et l’ouverture sur les atmosphères de la musique occidentale moderne comme le reggae, le rock, le folk et autres ». Une vision assumée de la musique comme carrefour des identités, portée par un groupe qui, depuis ses débuts, refuse l’enfermement dans un folklore figé. Tikoubaouine compte à son actif deux albums studio : « Dirhan » (Les vœux, 2016) et « Ahnaï » (Un regard vers l’avenir, 2020). Avec « Awchem », la formation entend franchir un nouveau palier, forte de la légitimité conquise concert après concert, du Sahara aux grandes salles de la capitale.

Mohand S.

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