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Le numéro 2 du département d’Etat US attendu dans quelques jours à Alger

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Le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau arrive à Alger dimanche 27 avril pour une visite de travail qui s’étend jusqu’au 1er mai. Il sera le deuxième haut responsable de l’administration Trump à se rendre en Algérie en moins de trois mois, après Massad Boulos en janvier. L’ordre du jour officiel mêle sécurité régionale et contrats commerciaux avec des entreprises américaines.

Le département d’État a annoncé vendredi que Christopher Landau, numéro deux de Marco Rubio, se rendra en Algérie puis au Maroc du 27 avril au 1er mai. À Alger, il rencontrera des responsables algériens pour discuter de l’approfondissement des relations bilatérales, avec deux priorités affichées : les efforts conjoints pour répondre aux enjeux de sécurité régionale et les accords commerciaux importants avec des entreprises américaines.

Ce déplacement intervient dans un contexte de réchauffement sensible entre Alger et Washington. Fin janvier, Massad Boulos, conseiller spécial du président Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, avait été reçu par le président Tebboune. À l’issue de cet entretien, il avait mis en avant « les importantes potentialités d’élargissement des relations commerciales entre les deux pays » et évoqué une convergence de vues sur les grands enjeux de sécurité dans la région. Les deux pays avaient également signé, en janvier 2025, un mémorandum dans le domaine de la défense.

Sur le volet économique, la visite de Landau coïncide avec le lancement de la deuxième phase du projet Baladna, une ferme bovine géante dont le coût total dépasse 635 millions de dollars. Cette phase prévoit l’importation de 30 000 vaches en provenance des États-Unis à partir de novembre 2026. L’objectif final est de couvrir 50 % des besoins de l’Algérie en poudre de lait. Au-delà de l’agroalimentaire, Washington s’intéresse aux réserves de gaz de schiste du pays et à ses minerais rares, secteurs où des discussions exploratoires seraient en cours. L’Algérie est en effet, entrée dans une phase décisive de partenariat avec les géants américains ExxonMobil et Chevron pour le développement de son secteur énergétique, particulièrement dans l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures. Un accord a été signé en janvier 2025 avec Chevron pour évaluer le potentiel des ressources en hydrocarbures offshore en mer Méditerranée, tandis qu’avec ExxonMobil, des accords préliminaires ont été conclus pour développer les ressources dans le bassin de l’Ahnet et le bassin de Berkine. Le groupe envisage notamment l’installation d’unités mobiles de traitement sur site pour réduire les coûts logistiques.

Sécurité régionale

La sécurité régionale occupe une place centrale dans le programme de Landau. Le Sahel, en proie à une instabilité persistante depuis plusieurs années, figure en tête des préoccupations communes. Alger, qui partage des frontières avec le Mali, le Niger et la Libye, reste un interlocuteur incontournable pour Washington sur ce dossier.

La visite coïncide également avec des développements accélérés autour du dossier du Sahara occidental. Bien que le département d’État n’ait pas mentionné explicitement ce sujet dans sa communication officielle, il est largement attendu qu’il figure à l’agenda. Le déplacement arrive à quelques jours de la présentation par le secrétaire général de l’ONU António Guterres d’un rapport stratégique sur le mandat de la MINURSO devant le Conseil de sécurité, prévue le 30 avril.

Lyes Saïdi

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