L’ANP réaffirme ses engagements et pointe les nouvelles menaces : « Notre doctrine est pragmatique »
En ce mois de mars chargé de symboles, la revue El-Djeïch, éditée par le ministère de la Défense nationale consacre l’éditorial de son numéro de mars à la doctrine de l’Algérie nouvelle, qu’elle définit comme « pragmatique, étroitement liée à la référence de Novembre et au legs de la glorieuse Révolution libératrice », tout en désignant nommément le régime marocain comme auteur d’une « guerre déclarée » à travers le trafic de drogue.
« Ces jours-ci, nous vivons dans l’atmosphère du mois de mars, riche en jalons glorieux dans l’Histoire de notre pays qui ont porté à la postérité l’héroïsme, les sacrifices et les exploits de notre valeureux peuple : le mois des Chouhada qui a vu tomber au champ d’honneur la fine fleur des enfants loyaux et fidèles de l’Algérie. » C’est par ces mots que s’ouvre l’éditorial de la revue El-Djeïch, organe de l’Armée nationale populaire (ANP), dans son édition du mois de mars 2026, intitulé : « Notre doctrine est pragmatique, étroitement liée à la référence de Novembre ». La publication rappelle d’emblée la double commémoration qui marque ce mois : celle des martyrs de la guerre de libération et celle de la fête de la Victoire, qui « a consacré la volonté du peuple algérien en contraignant le brutal colonisateur français à se soumettre et à reconnaître notre droit légitime à l’indépendance et à la souveraineté, à l’issue d’une Révolution grandiose dont l’écho a résonné de par le monde ». Ces anniversaires sont célébrés, écrit El-Djeïch, « à l’ère de l’Algérie nouvelle qui trace sa voie en remportant de nouvelles victoires et en consolidant les acquis à tous les niveaux, que ce soit sur le plan économique, social ou développemental ». La revue souligne que ces avancées se manifestent à travers « les grandes réalisations qui ont été accueillies avec satisfaction par le citoyen pour qui, désormais, le changement est une réalité tangible qu’il ressent dans sa vie quotidienne, à travers les différents projets stratégiques engagés ». Ces projets sont présentés comme l’illustration directe du message du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, qui avait déclaré, à l’occasion du double anniversaire de la création de l’UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures, que « les politiques nationales actuelles reposent sur le critère de l’efficacité et du réalisme, ainsi que sur la justesse d’une décision politique souveraine ». C’est à partir de cette affirmation présidentielle qu’El-Djeïch formule sa définition de la doctrine nationale : « une orientation qui exprime la doctrine de l’Algérie nouvelle et victorieuse, une doctrine étroitement liée à la référence de Novembre et au legs de la glorieuse Révolution libératrice, une doctrine pragmatique, à tous égards, dans l’établissement de passerelles de coopération et de partenariat avec tous, dans tous les continents, sur la base des intérêts et des avantages mutuels ».
Sur le plan international, la revue souligne que « les mutations que connaît notre pays ne se reflètent pas seulement à travers la dynamique de développement à l’échelle locale et nationale, mais aussi dans la place de premier plan qu’occupe l’Algérie aux niveaux régional et international, en s’imposant comme un partenaire fiable pour différents pays dans le monde, grâce à sa politique pragmatique et à ses engagements fermes et sincères ». La publication met en avant « le renforcement de la confiance en elle des frères africains pour avoir porté haut et fort les préoccupations et aspirations des peuples du continent ». L’Algérie est , souligne l’édito,« la voix de la sagesse et de l’équité qui plaide en permanence pour l’unification de la voix du continent et milite pour que le principe des solutions africaines aux problèmes africains soit une réalité concrète ». Dans ce cadre, El-Djeïch rappelle que l’Algérie « n’a eu de cesse d’appeler à la nécessité d’œuvrer à ce que l’Union africaine soit plus efficace et plus influente, capable de répondre aux aspirations des peuples de notre continent et de renforcer la position de l’Afrique en tant qu’acteur responsable qui pèse dans le système international » et que « soit mis fin à l’injustice historique que le continent africain continue de subir ».
Une de la drogue déclarée par le Makhzen
Sur le plan sécuritaire, le ton de l’éditorial se fait plus ferme. La publication rappelle que l’ANP, « digne héritière de l’Armée de libération nationale, continue de défendre et de préserver » la souveraineté nationale « contre tous ceux qui tenteraient de violer la moindre parcelle de notre territoire sacré, de porter atteinte à notre intégrité territoriale et à l’unité de notre peuple ». À cet effet, l’armée déploie « des efforts acharnés dans le domaine de la sécurisation de nos frontières, de la lutte contre les résidus du terrorisme ainsi que le crime organisé sous toutes ses formes ».
El-Djeïch point du doigt explicitement le Maroc dans ce volet sécuritaire, évoquant « une guerre déclarée à notre pays par le régime du Makhzen à travers ses multiples et désespérées tentatives d’inonder notre pays de ces poisons » que constituent les drogues. Le trafic de stupéfiants est désigné comme faisant partie d’un « plan malveillant visant à saper la cohésion sociale et le développement économique de notre Patrie ». La revue cite à l’appui de ce volet la détermination exprimée par le Général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’État-major de l’ANP, de remporter « le pari de la concrétisation sur le terrain de l’approche adoptée dans le domaine de la lutte contre le fléau du terrorisme et de son idéologie obscurantiste » et de « purifier la terre d’Algérie de sa souillure, ainsi que dans la lutte contre toutes les formes du crime organisé et de la contrebande transfrontalière ». En conclusion de son éditorial, la revue de l’ANP appelle à une mobilisation collective, affirmant que « préserver ce précieux acquis et faire échec à tous les plans odieux visant à saper la stabilité et la quiétude de notre pays constituent un devoir qui est de notre responsabilité à tous, qui en appelle à une conscience aiguë des défis ainsi qu’à la conjugaison des efforts de tous ». La femme algérienne est explicitement associée à cet appel : El-Djeïch lui rend hommage à l’occasion de sa Journée internationale, soulignant qu’elle « prouve, jour après jour, son rôle actif dans la société et sa place centrale dans de nombreux secteurs, avançant sur la trace de ses aînées qui ont inscrit leur nom en lettres d’or dans le registre de la lutte héroïque contre l’occupant brutal ».
Malik Meziane

