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Maroc : L’AMDH dénonce la répression et rejette la normalisation avec l’entité sioniste

L’Association marocaine des droits humains tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié cette semaine sur son site internet et relayé par nos confrère de AL24 NEWS, l’AMDH a dénoncé une « régression inquiétante des libertés » au Maroc, dénonçant la multiplication des arrestations et des procès liés à l’expression publique, tout en réaffirmant son opposition à toute normalisation avec Israël. L’organisation exprime sa « vive inquiétude » face à la recrudescence des poursuites judiciaires visant blogueurs, journalistes et jeunes militants, qu’elle qualifie d’« accusations fabriquées ». Parmi les cas emblématiques figure celui de Souhaib Qabli, 20 ans, rappeur originaire de Taza connu sous le nom d’Al-Hassel, placé en garde à vue à Fès en raison de ses chansons critiquant la corruption et la politique de normalisation avec Israël. Ses textes, devenus viraux auprès de la jeunesse marocaine, lui ont valu une arrestation qui a aussitôt suscité une vague de solidarité sur les réseaux sociaux sous le hashtag #LibérezSouhaib. L’AMDH a assuré « suivre de près le dossier et informer l’opinion publique des évolutions ». L’affaire s’inscrit dans un contexte de contestation sociale d’ampleur. Fin septembre 2025, des manifestations avaient éclaté dans plusieurs villes du royaume — Casablanca, Agadir, Marrakech, Tanger, Salé, Oujda et Rabat — portées par un mouvement de jeunes baptisé GenZ 212, organisé de manière décentralisée via TikTok, Instagram et Discord. Ces protestations dénonçaient l’insuffisance des services publics, le chômage élevé, la corruption et les dépenses jugées excessives allouées à la Coupe du monde 2030. Rapidement, la réponse des forces de sécurité avait été sévère : gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et, selon plusieurs témoignages, munitions réelles.

Le 1er octobre 2025, le drame avait atteint son paroxysme à Leqliaa, au sud du pays, où trois jeunes hommes avaient été abattus lors d’une opération des forces de l’ordre contre des protestataires. Les autorités avaient invoqué la « légitime défense », une version contestée par les organisations de défense des droits humains, qui affirment que les victimes « ne représentaient aucune menace directe ». L’AMDH et Mena Rights Group ont conjointement saisi les rapporteurs spéciaux des Nations unies pour dénoncer « un usage disproportionné de la force » et réclamer l’ouverture d’une enquête indépendante. Selon l’AMDH, la répression du mouvement a déjà entraîné « des milliers d’arrestations et des centaines de blessés ». Les familles des victimes signalent des violations graves : retards dans l’annonce des décès, restrictions imposées lors des funérailles, absence d’accès aux autopsies et confiscation d’effets personnels.

Sur un autre volet, l’association a renouvelé son appel à « mettre fin à toutes les formes de coopération militaire, sécuritaire, scientifique ou agricole avec le régime sioniste », estimant que ces accords « ne feront qu’accroître l’emprise étrangère sur les ressources du pays et menacer la souveraineté nationale ». Une prise de position qui fait écho aux revendications exprimées dans les rues par le mouvement GenZ 212. Le communiqué aborde enfin les fragilités socio-économiques structurelles du pays, dénonçant « l’absence d’une politique nationale efficace pour garantir la sécurité alimentaire, énergétique et sanitaire » ainsi que « le renforcement du monopole et du clientélisme au détriment des citoyens les plus vulnérables ».

R.I.

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