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Des journalistes et des secouristes tués par des attaques israéliennes au Liban : « Un crime flagrant » !

Le sang des journalistes a de nouveau coulé dans des attaques israéliennes et cette fois au Liban-Sud. Samedi, une frappe de l’armée d’occupation israélienne a visé délibérément un véhicule de presse dans la région de Jezzine, à 25 kilomètres de la frontière, tuant quatre professionnels des médias en plein exercice de leurs fonctions. Parmi les victimes : Ali Shoueib, correspondant de guerre emblématique d’Al-Manar depuis plus de trente ans, figure incontournable de la couverture des conflits israélo-libanais, et Fatima Ftouni, jeune reporter d’Al-Mayadeen à peine trentenaire. Leurs deux accompagnateurs, le fils d’Ali Shoueib et le frère de Fatima Ftouni, tous deux vidéastes, ont également péri dans l’attaque.

La nouvelle a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Pour la première fois depuis le début de la nouvelle agression israélienne, les dirigeants politiques libanais ont parlé d’une même voix. Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé un crime flagrant enfreignant l’ensemble des normes et conventions garantissant la protection internationale des journalistes en temps de guerre. Le Premier ministre Nawaf Salam a, quant à lui, condamné une violation flagrante du droit international humanitaire, tandis que le ministre de l’Information Paul Morcos qualifiait d’inacceptable le ciblage répété et délibéré des journalistes par l’entité sioniste.

Le Syndicat des rédacteurs de presse libanais a été plus cinglant encore, dénonçant un massacre perpétré lors d’un bombardement perfide contre des professionnels qui n’avaient pour seules armes que leurs caméras, leurs stylos et leurs voix. Dans un communiqué sans équivoque, l’organisme a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’un acte isolé, mais d’une politique systématique de l’entité sioniste visant ceux qui documentent ses crimes. Cette tragédie ne constitue pas un fait isolé dans la spirale meurtrière qui ensanglante le Liban depuis plusieurs semaines. Le même jour, cinq ambulanciers de l’Association des Scouts du Message islamique — Adel Atef Qaddouh, Hussein Ali Darwish, Hassan Moussa Nour El-Din, Ali Hassan Jahha et Ibrahim Zaher Abu Zeid — ont été tués lors d’une frappe israélienne sur la ville de Zawtar al-Gharbiyah, alors qu’ils accomplissaient leur devoir humanitaire. Le 19 mars, deux journalistes de la chaîne russe RT avaient déjà été blessés dans des circonstances similaires.

Une invasion en bonne et due forme

Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a déclaré à Euronews que les attaques israéliennes une invasion en bonne et forme, et non à une opération limitée. Villages rasés, infrastructures détruites, plus de 1,1 million de personnes déplacées — soit près d’un Libanais sur cinq — : le tableau qu’il dresse est celui d’une stratégie d’occupation territoriale durable, bien au-delà de toute logique de zone tampon au sud du Litani. Face à cette réalité, Beyrouth a annoncé son intention de déposer une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour violation de sa souveraineté. L’ONU estime à plus d’un millier le nombre de morts au Liban depuis le lancement de la nouvelle invasion terrestre israélienne du Sud du Liban, parmi lesquels figurent de nombreux personnels humanitaires et médicaux.

L.S.

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