Réforme territoriale : Les 11 nouvelles wilayas seront prêtes pour les législatives du 2 juillet
Les élections législatives du 2 juillet se tiendront bien dans les onze nouvelles wilayas, malgré leur création récente. C’est ce qu’a assuré mercredi Mohamed Ferrari, chargé du dossier des nouvelles wilayas au cabinet du ministère de l’Intérieur, lors de son passage sur la chaîne 3 de la Radio algérienne. Le nouveau découpage, officialisé le 4 avril au Journal officiel, fait passer l’Algérie de 58 à 69 wilayas par la promotion de onze circonscriptions administratives. Il concerne directement plus de 2,5 millions d’habitants, 40 daïras et 108 communes, sans toucher au nombre total de communes. Sur le terrain, les préparatifs électoraux avancent en parallèle : «les nouvelles wilayas ont engagé l’aménagement des sièges destinés aux délégués de l’ANIE, tout en préparant les centres et bureaux de vote, notamment dans les écoles primaires», a précisé Ferrari. Les moyens de transport, informatiques et de restauration pour les encadreurs sont également mobilisés, conformément à l’article 7 du code électoral.
Pour l’heure, les wilayas mères gardent la main. Elles continuent d’assurer un rôle d’accompagnement administratif et financier jusqu’au 31 décembre 2026, date butoir fixée par la feuille de route du ministère. «Cette période, qui ne dépasse pas sept mois, prévoit une coordination quotidienne entre les différents acteurs afin d’assurer une progression graduelle sans porter atteinte aux intérêts des citoyens», a expliqué Ferrari. Sur le plan budgétaire, les wilayas mères gèrent encore temporairement les finances des nouvelles entités. «Après le 31 décembre, les nouvelles wilayas seront autonomes avec leur budget et leurs projets d’investissement», a-t-il précisé, annonçant qu’«un décret est en préparation pour organiser le transfert des actifs et passifs, ainsi que le partage des recettes fiscales.»
1.800 postes budgétaires ouverts
Pour accompagner cette montée en charge, 1 800 postes budgétaires ont été ouverts en deux phases. La première, déjà bouclée, a permis de recruter 1 200 cadres pour encadrer sept des onze nouvelles wilayas. Une seconde vague de 600 recrutements doit suivre prochainement, et «une éventuelle troisième phase reste envisageable selon les besoins», selon Ferrari. Le processus s’effectue intégralement via une plateforme numérique de dépôt et de suivi des candidatures. Parallèlement, 22 milliards de dinars ont été mobilisés pour financer des projets de proximité : aménagement urbain, embellissement, renforcement des services publics dans la santé, l’éducation et les télécommunications. Les organismes publics — distribution d’eau, d’électricité, chambres de commerce — seront progressivement déployés dans ces territoires. La numérisation est présentée comme un pilier central de l’ensemble du dispositif. «La dématérialisation représente un axe important dans la feuille de route», a insisté Ferrari, évoquant «le déploiement de systèmes d’information modernes pour offrir des services publics numériques». La réforme repose également sur une commission intersectorielle réunissant l’ensemble des départements ministériels, chacun mobilisé pour accompagner l’installation des nouvelles entités avec redéploiement de personnel à la clé. Ferrari a rappelé que cette réorganisation répond à «un engagement du Président de la République visant à réduire les disparités et à rapprocher l’administration du citoyen». Le défi, pour les prochains mois, est de tenir les deux échéances en même temps : réussir le scrutin du 2 juillet sans accroc, et achever la transition territoriale avant la fin de l’année.
Chokri Hafed

