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Législatives du 2 juillet : La classe politique en ordre de marche

À deux mois et demi du scrutin législatif du 2 juillet 2026, les partis politiques algériens accélèrent leur déploiement sur le terrain. Samedi, deux formations aux profils distincts tenaient simultanément des rencontres militantes aux deux extrémités du pays : le Front des forces socialistes (FFS) à Tigzirt, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, et le Rassemblement national démocratique (RND) à Adrar, dans le grand Sud. Deux discours, deux stratégies, mais une même urgence : mobiliser les rangs avant le dépôt des listes de candidatures.

C’est dans la salle de cinéma Mizrana que Youcef Aouchiche, Premier secrétaire national du FFS, a pris la parole devant les militants de la région. Aouchiche a justifié la participation de son parti à ce scrutin en des termes qui tranchent avec le discours de boycott longtemps associé à la formation. Selon lui, l’objectif est de « réhabiliter l’action politique en instaurant une pratique politique responsable et engagée ». Une formulation qui résume le virage stratégique opéré ces dernières années par le FFS, qui avait boudé plusieurs échéances électorales pour dénoncer les conditions de leur organisation. Cette fois, le parti s’engage, et son secrétaire général s’en explique directement à sa base.

Aouchiche a également insisté sur ce que le FFS attend de ce rendez-vous électoral : non pas un simple gain de sièges, mais une contribution au rassemblement des « Algériens autour d’un véritable projet national ». Le parti se présente ainsi non comme une opposition de circonstance, mais comme une force de proposition capable d’articuler un discours de fond. Il a réaffirmé que le FFS travaille à l’émergence d’un « consensus national » pour asseoir « les valeurs démocratiques et sociales dans le cadre d’un État de droit et de justice sociale ». À Adrar, c’est dans un registre plus institutionnel que s’est exprimé Mounder Bouden, secrétaire général du RND. Réuni avec les cadres et militants de sa formation dans la capitale de la wilaya, il a appelé à « une valorisation des acquis réalisés par un plein engagement dans le processus politique », invitant son camp à se mobiliser sans attendre. Le RND affiche désormais une posture moins monolithique, même si son soutien à la ligne officielle reste lisible dans chaque prise de parole de ses responsables.

Bouden n’a d’ailleurs pas manqué de saluer les grands chantiers en cours dans la région. Il a cité le mégaprojet intégré algéro-qatari « Baladna », présenté comme un levier pour couvrir les besoins nationaux en lait en poudre et « réduire la facture des importations ». Il a également mentionné les projets ferroviaires attendus dans la wilaya d’Adrar. Ces références ne sont pas accessoires : dans les wilayas du Sud, où l’État projette des investissements structurants, le discours de mobilisation électorale se nourrit volontiers du bilan des réalisations, réelles ou annoncées. Bouden a résumé cette logique en affirmant que ces orientations traduisent « la volonté des hautes autorités du pays d’atteindre l’autosuffisance et de renforcer la sécurité alimentaire ».

Chokri Hafed

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