L’Algérie décroche 87 médailles aux Mondiaux de Kempo : Un bilan qui dépasse les attentes
35 titres mondiaux, 19 médailles d’argent, 33 de bronze. En quatre jours de compétition à Antalya, les kendokas algériens ont livré l’une des performances collectives les plus abouties de leur histoire, propulsant l’Algérie parmi les nations dominantes de la 22e édition du Championnat du monde de Kempo. Le président de la Fédération algérienne, Khaled Fliti, ne cachait pas sa satisfaction mardi depuis Alger, deux jours après le coup de sifflet final.
La délégation algérienne — vingt-cinq athlètes, hommes et femmes — était attendue sur une compétition dense, avec 43 pays représentés et plus de 620 concurrents engagés sur les tatamis turcs. Le niveau était particulièrement relevé en armes traditionnelles, discipline où la marge d’erreur est quasi nulle et où les grandes puissances du Kempo mondial se livrent une guerre ouverte depuis plusieurs cycles. Dans ce contexte, ramener 87 médailles n’a rien d’automatique. Fliti l’a reconnu sans détour : la route n’a pas été simple. «Je suis très heureux des résultats obtenus par nos athlètes. Ils sont le fruit des efforts conjoints de tous les acteurs, qu’ils soient cadres techniques ou administratifs, que ce soit au niveau de la Fédération algérienne de Kempo ou du ministère des Sports. Tous étaient déterminés à se distinguer et à réaliser la meilleure performance possible lors de ce rendez-vous mondial», a-t-il déclaré à l’APS. Derrière cette récolte, une préparation pensée sur le long terme. Près d’un an avant les Mondiaux, les représentants algériens étaient déjà au Centre national de regroupement et de préparation des élites nationales à Souidania. Stages de formation, compétitions internes, sélection finale : la Fédération a appliqué une méthode sans raccourcis. Le dernier stage de sélection, selon Fliti, a été conduit de manière «rigoureuse et transparente», en retenant uniquement les athlètes ayant obtenu les meilleurs résultats en championnat national. Pas de passe-droits, pas de titularisations automatiques.
Ce cadre de préparation a aussi permis d’intégrer de jeunes éléments, qui n’ont pas fait de la figuration. «Au-delà de la valeur des résultats obtenus, notre délégation comptait de nouveaux éléments qui ont su s’imposer grâce à leur haut niveau, démontré lors du Championnat du monde en Turquie», a souligné le président fédéral, qui voit dans cette émergence un signal positif pour la suite. La relève existe, et elle a su tenir sur la scène internationale quand il le fallait. La question qui suit naturellement un tel bilan est celle de la continuité. Fliti ne se satisfait pas d’une seule performance, aussi brillante soit-elle. «Tous les athlètes nationaux sont désormais prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes lors des prochaines compétitions et à poursuivre une préparation sérieuse pour honorer les couleurs nationales», a-t-il affirmé. Le message est clair : Antalya n’est pas un aboutissement, c’est une base.
Pour le Kempo algérien, ce Mondial turc confirme une tendance amorcée depuis quelques cycles : la structuration porte ses fruits. Méthode, sélection méritocratique, soutien institutionnel du ministère des Sports — les ingrédients sont là. La prochaine étape sera de confirmer, sans l’excuse de la surprise, que ce niveau est bien installé.
M. Dahleb

