Algérie-États-Unis : La coopération économique cherche sa vitesse de croisière
Au SelectUSA Investment Summit de National Harbor dans le Maryland, une délégation de chefs d’entreprises algériens conduite par Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), a rencontré mardi le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau — quelques jours à peine après la visite de ce dernier à Alger, où il avait été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Le signal est double : Washington regarde vers Alger, et Alger répond depuis Washington. Landau n’a pas attendu cette rencontre pour exprimer son enthousiasme. Dans un message publié sur X au lendemain de son déplacement en Algérie, le responsable américain avait mis en avant «les immenses potentialités d’approfondissement des relations commerciales et économiques entre les deux pays, particulièrement dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture». Il avait illustré son propos par un projet qu’il qualifiait de «remarquable» : celui de la société qatarie Baldna, qui travaille à l’installation dans le Sahara algérien de «la plus grande ferme laitière intégrée au monde». Dans ce cadre, l’entreprise s’est engagée à acheter 30 000 vaches américaines en provenance de neuf États — une commande que Landau avouait avoir du mal à imaginer logistiquement, «comment se passeront les vols pour transporter toutes ces vaches des États-Unis vers l’Algérie», écrivait-il avec une pointe d’humour, avant de conclure qu’il s’agissait d’un projet «servant les intérêts des deux pays».
Lors de l’entretien de mardi, tenu en présence de l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis Sabri Boukadoum et du chargé d’affaires de l’ambassade américaine à Alger Mark Shapiro, Landau a salué l’importance de la délégation algérienne au sommet et s’est dit satisfait des résultats de sa récente visite en Algérie, réitérant sa volonté de développer la coopération bilatérale. La partie algérienne a de son côté dressé un panorama des secteurs jugés prioritaires pour attirer les capitaux américains : énergie, agriculture, production de matières premières pour l’industrie pharmaceutique, technologies modernes et mines dans le cadre de la nouvelle loi sectorielle. La délégation a également exprimé son souhait de voir les entreprises américaines «diversifier leurs investissements et participer aux grands projets structurants en cours de réalisation en Algérie».
En marge du sommet, la délégation algérienne a également rencontré le gouverneur de l’Oklahoma Kevin Stitt, en présence de plusieurs hauts responsables de cet État. Les échanges ont porté sur les atouts économiques de l’Oklahoma, le climat des affaires en Algérie et les opportunités de partenariat entre entreprises des deux pays — un volet qui élargit la conversation bilatérale au-delà du seul niveau fédéral, vers les États américains producteurs d’énergie et de produits agricoles, deux secteurs précisément au cœur de ce que Landau avait identifié comme le terrain le plus fertile du rapprochement algéro-américain.
Amar Malki

