L’Algérie ouvre un consulat à San Francisco : Tête de pont de la diplomatie des compétences
Dans la capitale technologique mondiale, l’Algérie a posé deux actes symboliquement forts en une seule journée. Le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, a d’abord présidé l’inauguration officielle du consulat général d’Algérie à San Francisco, avant de réunir une sélection de compétences algériennes établies dans la région pour un échange sur leur contribution au développement national. L’ouverture du consulat, en présence du consul général et de représentants d’associations algériennes actives dans la région, n’est pas un acte administratif ordinaire. Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, elle s’inscrit dans « le cadre de la concrétisation de l’engagement des hautes autorités du pays à assurer une prise en charge optimale des préoccupations de notre communauté nationale à l’étranger, à rapprocher l’administration du citoyen et à garantir des services consulaires de qualité ». Elle constitue également, précise la même source, « un jalon supplémentaire dans le processus de renforcement de notre réseau consulaire à travers les différentes régions du monde ». La circonscription du nouveau consulat couvre 19 États de l’ouest des États-Unis, un territoire immense qui abrite une communauté algérienne dense, concentrée notamment dans la Bay Area et ses industries de haute technologie.
Sofiane Chaib a profité de sa visite pour inspecter les différents services du consulat et s’informer de « la nature des prestations fournies au profit de nos ressortissants », selon le communiqué ministériel. Mais c’est la seconde séquence de sa journée qui a donné toute sa dimension politique à ce déplacement. Le secrétaire d’État a réuni une élite de compétences algériennes de la circonscription consulaire de San Francisco pour un échange sur les moyens de renforcer leur contribution au développement national — une rencontre à laquelle participait, par visioconférence depuis Alger, le ministre de l’Économie de la connaissance, des start-up et des micro-entreprises, Noureddine Ouadah. Le message de Chaib à ces cadres et experts établis outre-Atlantique était sans ambiguïté : l’Algérie les considère comme « un capital stratégique et un réservoir qualitatif de savoir et d’expertise ». Leur apport, a-t-il souligné, ne se limite pas aux transferts de fonds : il s’étend au « transfert d’expertises, à la construction de partenariats et à la participation active aux projets nationaux, notamment dans les domaines des technologies avancées et de l’innovation ». Le secrétaire d’État a également mis en avant les efforts déployés pour structurer les réseaux de compétences algériennes à l’étranger et renforcer les mécanismes de communication avec elles. De son côté, Noureddine Ouadah a présenté par écran interposé un tableau de l’écosystème des start-up et de l’environnement de l’innovation en Algérie, détaillant les réformes et facilitations mises en place pour encourager l’investissement, « notamment au bénéfice des membres de la communauté nationale résidant à l’étranger ». Un appel à peine voilé aux ingénieurs, chercheurs et entrepreneurs algériens de la Silicon Valley, invités à considérer leur pays d’origine comme un terrain d’investissement et d’engagement.
La rencontre a été précédée d’une réunion de Chaib avec plusieurs acteurs associatifs algériens actifs dans l’ouest des États-Unis, au cours de laquelle il a salué « le rôle important que jouent les associations dans la consolidation des liens entre les membres de la communauté nationale et le renforcement de l’esprit de solidarité ».
Chokri Hafed

