Ouargla : El-Borma fête le dromadaire sous les étoiles du Grand Sud
Quelque part entre Ouargla et la frontière tunisienne, à 420 kilomètres au sud-est de la capitale de la Maha, la commune d’El-Borma a renoué mardi soir avec l’une de ses traditions les plus vivantes. La 4ème édition des Journées nationales de la fête du dromadaire et du patrimoine y a officiellement débuté, à l’initiative de l’association culturelle locale des jeux équestres, réunissant pour deux jours des délégations venues de plusieurs wilayas du Sud.
C’est dans cette bourgade frontalière que le Grand Sud donne rendez-vous à lui-même. La soirée d’ouverture a donné le ton : interprétations lyriques du répertoire bédouin, expositions consacrées au patrimoine ancestral, et ce public venu nombreux, comme attiré par une fête qui n’a pas besoin de se vendre pour rassembler. Rabah Khemgani, président de l’association organisatrice, a indiqué que la manifestation vise à « mettre en lumière le patrimoine culturel et civilisationnel des régions du Sud », en réunissant autour d’El-Borma des délégations qui font le voyage depuis les quatre coins du Sahara algérien.
Le programme des deux journées, les 19 et 20 mai, ne se limite pas aux soirées artistiques. Des courses équestres et des courses de chameaux sont au menu, avec la participation de chameliers et de cavaliers des wilayas du Sud. Car c’est là l’autre ambition des organisateurs : faire vivre un héritage qui ne se raconte pas seulement, il se pratique. « Préserver ce legs ancestral et encourager les nouvelles générations à s’initier à ce type de sports et à l’élevage camelin », c’est ainsi que les organisateurs formulent leur projet, conscients que la transmission ne passe pas uniquement par les musées.
El-Borma occupe dans ce dispositif une place singulière. Commune frontalière peu connue du grand public, elle dispose d’un potentiel touristique et culturel que cette fête contribue chaque année à faire connaître au-delà de ses limites géographiques. Les organisateurs ont insisté sur la création d’« espaces d’échanges culturels entre les régions » et sur la promotion des « potentialités culturelles et touristiques » de la commune. La fête est aussi, en ce sens, un plaidoyer discret pour une wilaya de Ouargla dont les richesses ne se résument pas au pétrole.
Le dromadaire, au cœur de tout cela, n’est pas qu’un symbole. Il est l’animal qui a rendu le Sahara habitable, qui a structuré pendant des siècles les échanges, les migrations et les modes de vie des populations du désert.
M.S.

