Hydrocarbures: Sonatrach et Petrogas signent un mémorandum sur l’exploration
Sonatrach a signé mardi, en marge de l’«Oman Petroleum & Energy Show» à Mascate, un mémorandum d’entente avec la société omanaise Petrogas Exploration & Production.
L’accord, conclu en présence du PDG du groupe algérien Nour Eddine Daoudi, vise à «identifier les opportunités de coopération dans le domaine de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures en Algérie», selon le communiqué officiel du groupe pétrolier. Ce texte, aussi bref que son objet est potentiellement significatif, n’est pas né de rien. La relation entre Sonatrach et le groupe omanais Mohammed Al-Barwani — dont Petrogas est la filiale exploration-production — s’est construite pas à pas depuis plusieurs mois. En mai 2025, l’ancien PDG de Sonatrach avait reçu à Alger une délégation conduite par Mohammed Al-Barwani en personne, les deux parties affirmant alors leur volonté d’établir un «partenariat stratégique» dans l’exploration, la production et les services pétroliers. En octobre 2025, en marge du salon NAPEC à Oran, le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab avait à son tour reçu une délégation de Petrogas, conduite par son directeur général Kingshuk Sen. Les discussions avaient porté sur les perspectives de coopération dans la recherche, l’exploration et la production pétrolière et gazière, ainsi que sur un accord-cadre signé avec l’ALNAFT pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement sur le marché algérien. Le mémorandum du 19 mai formalise donc une dynamique engagée depuis plus d’un an.
Petrogas opère dans les domaines de l’exploration et de la production d’hydrocarbures à Oman, en Égypte, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et au Mozambique. Forte de vingt-cinq ans d’expérience, la société conduit notamment ses opérations en Oman à travers la coentreprise Daleel Petroleum, en partenariat avec le groupe chinois CNPC. Son profil est celui d’un opérateur de taille intermédiaire, familier des environnements géologiques variés et des structures en coentreprise avec des majors asiatiques — un format qui correspond précisément au cadre que l’Algérie propose à ses partenaires étrangers dans le cadre de la loi 19-13 sur les hydrocarbures.
Cette signature intervient dans un contexte de forte accélération de la diplomatie pétrolière algérienne. Sonatrach multiplie les protocoles : avec la compagnie omanaise OQ Exploration & Production en avril 2024, avec Sinopec en juillet 2025, avec ALNAFT à travers plusieurs accords-cadres ouvrant le domaine minier à des opérateurs étrangers. Pour la période 2025-2029, le gouvernement a annoncé que 80 % des projets énergétiques seront consacrés aux activités amont, notamment l’exploration et la production. L’objectif est d’attirer des capitaux et des technologies pour reconstituer les réserves et soutenir la production à moyen terme.
Le mémorandum avec Petrogas reste pour l’heure un acte d’intention. Il «constitue une évolution importante dans le parcours de coopération entre les deux entreprises et reflète leur volonté commune de renforcer leur collaboration dans le secteur du pétrole et du gaz», indique Sonatrach dans son communiqué. La portée opérationnelle dépendra des négociations qui s’ouvrent désormais sur des périmètres concrets. L’Algérie dispose d’un potentiel géologique évalué comme largement sous-exploré, en particulier dans les formations non conventionnelles et les bassins profonds du Sahara occidental.
Samira Ghrib

