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Législatives du 2 juillet : La mécanique électorale s’accélère

La commission de contrôle du financement des campagnes a été installée dimanche et le dépôt des candidatures a été bouclé par l’ANIE.

La mécanique électorale pour les législatives du 2 juillet s’accélère. Le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, a présidé dimanche à Alger l’installation du président et des membres de la commission de contrôle du financement de la campagne électorale, tandis que l’Autorité publiait la veille le bilan définitif des listes ayant déposé leurs dossiers de déclaration collective de candidature — un double signal qui marque le passage à une phase décisive du processus électoral.

La cérémonie d’installation s’est tenue en présence du premier président de la Cour suprême, Tahar Mamoni, du secrétaire général du ministère de la Justice, Hamamou Mohamed, et du directeur des affaires civiles et du sceau de l’État auprès du même ministère, Ahmed Ali Mohamed Saleh, ainsi que de deux membres du conseil de l’autorité indépendante. Cette configuration institutionnelle n’est pas fortuite : elle traduit l’ancrage judiciaire de la commission, dont la composition est directement définie par la loi organique sur les élections. L’article 115 de ce texte précise en effet que la commission comprend « un magistrat désigné par la Cour suprême parmi ses magistrats, en qualité de président, un magistrat désigné par le Conseil d’État parmi ses magistrats, en qualité de membre, un magistrat désigné par la Cour des comptes parmi ses magistrats conseillers, un représentant de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, et un représentant du ministère des Finances ».

La commission ainsi composée aura la charge de surveiller les flux financiers engagés par les partis et les listes indépendantes tout au long de la campagne, dont le coup d’envoi officiel est attendu au début du mois de juin, soit environ vingt et un jours avant le scrutin. Le contrôle du financement électoral est un volet sensible dans tout système démocratique : il conditionne l’équité de la compétition et l’intégrité du processus. Sa mise en place à ce stade, avant même le début officiel de la campagne, répond à une logique de prévention autant que de traçabilité.

La veille, l’ANIE a rendu public le décompte final après expiration des délais légaux de dépôt, clos le 18 mai. Au total, 788 dossiers ont été enregistrés pour les circonscriptions de l’intérieur du pays. Sur ce total, 649 relèvent de 32 partis politiques, un seul dossier émane d’une alliance entre plusieurs formations, et 138 correspondent à des listes indépendantes. Le nombre global de candidats pour l’intérieur du territoire s’établit à 10 168.

À l’étranger, la participation s’avère plus modeste mais réelle : 66 dossiers ont été déposés au titre des circonscriptions électorales de la diaspora, dont 59 sous l’égide de 18 partis politiques, un dossier d’alliance et six listes indépendantes, pour un total de 528 candidats. Le dépouillement administratif des dossiers a déjà commencé. L’ANIE a précisé que, « jusqu’au samedi 23 mai 2026 à 15h30, 101 dossiers de listes de candidats ont été examinés, dont 86 sous l’égide de partis politiques et 15 dossiers au titre de listes indépendantes ». Résultat provisoire de cet examen : « 1 235 candidats ont été retenus, alors que 269 autres candidatures ont été rejetées ». Ces rejections, qui représentent un peu plus de 17 % des candidatures examinées à cette étape, s’expliquent généralement par des irrégularités formelles dans la constitution des dossiers — absence de pièces requises, non-respect des conditions d’éligibilité ou défaut de parrainage.

Le calendrier global de ces élections législatives, fixé par le décret présidentiel de convocation du corps électoral signé le 6 avril 2026, articule les différentes étapes autour du scrutin du 2 juillet. La révision exceptionnelle des listes électorales et le retrait des formulaires de signatures individuelles ont eu lieu entre avril et la mi-mai. L’échéance du 18 mai a donc constitué le premier grand test logistique : les commissions électorales de wilaya ont reçu les dossiers physiques, tandis qu’une plateforme numérique dédiée permettait le suivi en temps réel des dépôts — une modernisation du dispositif que l’ANIE a mise en avant dans son communiqué, en mentionnant « les données recueillies à partir de la plateforme numérique consacrée au suivi du dépôt des dossiers » et « les procès-verbaux de clôture établis par les huissiers de justice mobilisés à cet effet ».

Ces législatives se tiennent dans un contexte particulier. La loi organique n° 26-08 relative aux partis politiques, promulguée au début de l’année, a modifié certaines conditions d’accès au scrutin. La création de onze nouvelles wilayas a par ailleurs redessiné la carte électorale, avec de nouvelles circonscriptions dont certaines participent pour la première fois à un scrutin législatif.

Hocine Fadheli

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