AARC : Atelier d’écriture de scenarios sous la direction de Rabah Slimani
Alger accueille dix jours d’immersion créative où apprentis scénaristes et réalisateurs forgent leurs premiers courts métrages sous la direction du réalisateur Rabah Slimani. L’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) ouvre ses portes à Dar Abdeltif au cœur d’Alger, du 19 au 28 juillet, pour une résidence d’écriture consacrée au scénario de court métrage. Cet atelier intensif s’adresse aux cinéastes en devenir qui portent des projets de films et cherchent à les transformer en narrations cohérentes, maîtrisées, prêtes à la réalisation. Seuls six projets seront retenus. C’est peu, à l’aune des ambitions du cinéma algérien actuel. Mais c’est suffisant pour créer les conditions d’un vrai travail collectif, où chaque participant peut espérer une attention individualisée, un regard critique posé sur ses rêves filmiques. Le timing est pensé en conséquence : dix jours pour explorer, discuter, réécrire, ajuster. Assez long pour ne pas s’arrêter aux surfaces, assez court pour maintenir l’intensité d’une résidence artistique. Le cœur de cette initiative, c’est l’accompagnement que proposera Rabah Slimani. Le réalisateur algérien est une figure importante du jeune cinéma du pays. Son travail explore les zones où la société algérienne se pose des questions à elle-même, où les tensions sociales deviennent matière filmique. Son court-métrage « Fitna », présenté au Festival Africajarc, en témoigne. Slimani ne fabrique pas des réponses. Il fabrique des questions qui créent du débat. C’est précisément ce dont ont besoin les apprentis scénaristes : apprendre à écrire pour provoquer la réflexion, à construire des récits qui ne se referment pas sur eux-mêmes mais demandent au spectateur de continuer à penser après les derniers plans.
Les candidates et candidats devront soumettre leurs projets avant le 25 juin, soit moins de trois semaines. Pas besoin d’apporter un scénario fini. Une idée mûre, une première mouture, un embryon de narration suffisent. Le formulaire électronique circulera sur les comptes officiels de l’AARC sur les réseaux sociaux, en accès libre pour tous les créateurs algériens. Il s’agit surtout de clarifier l’intention, le matériau dramatique, ce qui pousse le porteur de projet à vouloir en parler, pourquoi cette histoire mérite d’être racontée. Une cour d’appel ensuite va dépouiller les dossiers et retenir les six qui promettent le plus d’apprentissage collectif, ceux où on sent une voix, une urgence.
L’atelier prévoit aussi des sessions collectives structurées. Chacun présente son travail en progression aux cinq autres. Chacun critique, propose, repère les faiblesses narratives, les trous de logique, les clichés qui se glissent. Cette confrontation fraternelle est précieuse. Elle transfère l’expérience sans la formaliser trop. Elle montre qu’écrire pour le cinéma, ce n’est pas une malédiction solitaire. C’est un métier où on peut parler et douter à haute voix.
Mohand S.

