Culture

Le Chœur des Cosaques de Moscou sur la scène de l’Opéra d’Alger

Les voix des steppes russes pour enchanter les Algériens

Mercredi soir, le Chœur des Cosaques de Moscou monte sur la grande scène de l’Opéra « Boualem Bessaïh » d’Alger, pour ce qui s’annonce comme l’un des rendez-vous musicaux les plus singuliers de la saison.

L’annonce est sobre, presque discrète, glissée dans le calendrier de l’institution culturelle entre un hommage à Warda El Djazaïria et un retour d’Abbas Righi. Et pourtant, derrière ce concert co-organisé avec l’ambassade de la Fédération de Russie en Algérie, se profile quelque chose d’assez rare : des voix de basses profondes et de ténors formés dans les grands opéras de Moscou et de Saint-Pétersbourg, portant un répertoire que les Cosaques transmettent de génération en génération depuis des siècles. Chants liturgiques orthodoxes, ballades folkloriques, hymnes militaires de l’ancienne Russie — tout un monde sonore qui n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’on entend habituellement dans les salles algériennes.

L’institution le formule ainsi dans son communiqué : le Chœur des Cosaques de Moscou proposera « une performance musicale authentique alliant puissance vocale et richesse du patrimoine russe, offrant ainsi une expérience artistique unique qui enrichira la scène culturelle. » La formule est un peu lisse, mais le fond tient : ce type d’ensemble, dont la tradition remonte au XIX° siècle, est précisément connu pour cette densité sonore, cet équilibre entre la puissance brute des voix graves et la précision d’une écriture chorale héritée du chant polyphonique russe. Sur sa terre natale, le répertoire cosaque s’articule autour de chants folkloriques et de compositions originales qui font partie intégrante du patrimoine culturel russe. Ce que les Cosaques chantaient lors des liturgies ou en campagne militaire, ce sont ces mêmes mélodies qui traversent aujourd’hui les scènes du monde entier.

L’Opéra d’Alger présente l’événement comme l’expression de « la profondeur des relations historiques solides entre l’Algérie et la Fédération de Russie » et du « développement continu de la coopération culturelle entre les deux pays. » Le registre diplomatique est attendu.

Depuis janvier, la grande l’Opéra d’Alger a accueilli une soirée symphonique kazakhe, le Trio Joubran pour une soirée autour du oud, un hommage à Warda El Djazaïria et, il y a quelques semaines à peine, la quinzième édition du Festival Culturel International de Musique Symphonique. Le concert des Cosaques s’inscrit dans cette logique d’ouverture — une scène algéroise qui s’efforce, saison après saison, d’accueillir ce que la musique mondiale a de plus différent de ses propres traditions.

Inauguré en juillet 2016, l’Opéra Boualem Bessaïh est doté d’une grande salle de 1400 places et de plusieurs espaces de répétition. L’acoustique du lieu, pensée pour les formations orchestrales et chorales de grande taille, devrait servir ce type de programme. Un chœur cosaque, ça ne s’écoute pas dans une salle de conférence — ça se vit dans un espace où les voix peuvent résonner et se déployer.

Le billet, lui, est disponible en ligne et au guichet de l’Opéra. Le rendez-vous est fixé à 19h00.

Mohand Seghir

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