Sonelgaz à l’assaut du marché européen des bornes de recharge électrique
Après l’Italie et la Libye, c’est au tour du Portugal de recevoir la technologie made in Algeria. Une nouvelle étape pour le géant national de l’énergie Sonelgaz qui ambitionne de faire de l’export un pilier de sa stratégie industrielle.
Le port d’Alger a vu partir, ce mardi, une cargaison de 200 bornes de recharge pour véhicules électriques, direction le Portugal. Derrière cette opération, la Société algérienne des industries électriques et gazières (SAIEG), bras industriel du groupe public Sonelgaz, qui confirme ainsi son ancrage sur le marché européen des équipements de mobilité électrique. L’entreprise franchit ainsi une nouvelle étape stratégique dans son expansion internationale avec cette opération, fruit d’équipements fabriqués dans ses unités de production d’El Eulma, dans la wilaya de Sétif. La cérémonie de lancement, organisée au siège de la direction générale de la SAIEG à Rouiba, n’avait rien d’anodin. Elle réunissait le PDG de la société, Youcef Defdaf, des cadres du ministère de l’Energie et des Energies renouvelables, ainsi que le partenaire commercial chargé du marketing international de l’opération, la société « Auras ». Un symbole fort pour une filière qui, il y a encore deux ans, n’exportait pas une seule borne. De fait, cette expédition vers Lisbonne n’est pas un coup d’essai. Elle constitue la deuxième phase d’un partenariat déjà éprouvé. En 2024, une première opération avait permis d’exporter avec succès 435 bornes de recharge vers la Libye et l’Italie. Le contrat liant la SAIEG à Auras prévoit, à terme, l’acheminement de plusieurs centaines de bornes supplémentaires vers d’autres marchés du Vieux Continent, confirmant l’ambition d’installer durablement le savoir-faire algérien chez les constructeurs et opérateurs européens de la mobilité propre.
Prenant la parole à cette occasion, Youcef Defdaf n’a pas caché sa satisfaction. Il a estimé que cette opération « témoigne du haut niveau d’expertise atteint par les groupes industriels publics dans la fabrication d’équipements spécialisés, leur permettant désormais de rivaliser sur divers marchés internationaux ». Une déclaration qui s’inscrit dans la continuité d’un discours tenu de longue date par le patron de la SAIEG : celui d’un outil industriel algérien enfin capable de conquérir des débouchés hors des frontières nationales, après des décennies tournées quasi exclusivement vers le marché intérieur.
Le PDG a également tenu à rappeler l’inscription de cette démarche dans une stratégie plus large de diversification des exportations hors hydrocarbures, misant sur des standards de qualité désormais alignés sur les normes internationales. Un objectif que la SAIEG affiche noir sur blanc depuis plusieurs années à savoir porter la part de son chiffre d’affaires réalisée à l’international à 15%, contre à peine 2% en 2022, avec une échéance fixée à l’horizon 2025-2026.
Sur le plan industriel, Sonelgaz vise un taux d’intégration nationale des bornes fabriquées à El Eulma, de l’ordre de 58%, appelé à la hausse dans les mois à venir. Un indicateur suivi de près par le ministère de l’Energie, qui y voit la preuve d’une montée en gamme progressive de l’industrie électrique algérienne, entre volonté de réduire la dépendance aux composants importés et ambition de renforcer la compétitivité du produit national sur des marchés exigeants. En s’imposant sur le segment naissant des bornes de recharge, à l’heure où l’Europe accélère l’électrification de son parc automobile, Sonelgaz cherche à transformer un savoir-faire historique, celui de la fabrication d’équipements électriques, en véritable relais de croissance à l’export, dans un contexte national où la diversification hors hydrocarbures reste, plus que jamais, un mot d’ordre.
Amar Malki

