Liban : Le président Aoun dénonce des attaques sionistes « incessantes et impunies »
Une frappe aérienne sioniste a visé samedi un véhicule militaire libanais sur la route entre Khardali et Nabatiyé, faisant tomber en martyrs deux officiers et un soldat, selon un communiqué de l’armée libanaise. Cette attaque intervient trois jours seulement après l’annonce d’un nouvel accord de cessez-le-feu, le mercredi 3 juin — le énième depuis le début des hostilités, et déjà violé comme tous les précédents. Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, a réagi avec une fermeté sans ambiguïté. Il a condamné une « violation flagrante de la souveraineté libanaise et du droit international », dénonçant des « attaques incessantes, qui restent impunies » malgré la trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril. Le chef de l’État a situé cette agression « dans le contexte de l’escalade actuelle qui menace la stabilité et la sécurité du Sud », ajoutant qu’elle intervient en dépit des « efforts déployés par le Liban lors des négociations à Washington pour mettre fin » à ces violations répétées. Le ton est sans équivoque : Beyrouth négocie, l’entité sioniste bombarde.
Sur le terrain, la journée de samedi n’a pas épargné les civils. L’Agence nationale d’information libanaise (ANI) a signalé des bombardements sur plusieurs sites du Sud. Selon la presse locale, un raid aérien a fait un mort et un blessé à Jouaya, dans le district de Tyr. Deux autres personnes ont été tuées dans des attaques de drones, l’une à Abbasiyeh, l’autre à Yohmor, dans la plaine de la Bekaa occidentale. Parmi les victimes figure un photojournaliste qui couvrait les affrontements dans le Sud, ainsi qu’un infirmier de l’association Risala. L’armée sioniste a par ailleurs diffusé de nouveaux appels à l’évacuation visant cinq villages du Sud et de l’Est du pays, en prélude à de nouvelles frappes annoncées.
Le bilan cumulé depuis la reprise des hostilités le 2 mars est accablant : 3 593 morts et 10 990 blessés, selon le ministère libanais de la Santé. Plus d’un million de personnes ont été contraintes de fuir leurs domiciles. Ces chiffres, que les autorités libanaises actualisent au fil des jours, disent à eux seuls ce que les déclarations diplomatiques peinent à contenir : une guerre menée contre un pays qui cherche la paix par tous les canaux disponibles.
En marge de cette escalade, le général Rudolf Haykal, chef d’état-major de l’armée libanaise, a quitté Beyrouth pour le Pakistan — pays impliqué dans la médiation entre Téhéran et Washington — à l’invitation de son homologue pakistanais, le maréchal Asim Munir. L’armée n’a précisé ni l’objet ni la durée de cette visite, mais le timing, au cœur d’une flambée de violence, n’est pas anodin.
L.S.

