Liban : L’entité sioniste frappe la banlieue sud de Beyrouth, la tension monte sur plusieurs fronts
Des frappes israéliennes ont visé dimanche deux immeubles du quartier de Tahouitat Al-Ghadir, dans la banlieue sud de Beyrouth, les premières à cibler cette zone depuis le 28 mai, selon l’Agence nationale d’information libanaise. Dans le même temps, l’armée d’occupation israélienne ordonnait l’évacuation immédiate de Tyr et de ses environs, pendant qu’à Washington, le Pentagone élevait à son niveau le plus haut la menace de contre-espionnage visant l’entité sioniste.
Selon l’ANI, deux appartements ont été atteints dans la banlieue méridionale de la capitale libanaise. Le même dimanche matin, le mouvement de résistance libanais Hezbollah avait revendiqué plusieurs attaques de drones contre des troupes israéliennes déployées au Liban. La veille, des bombardements israéliens avaient causé la mort d’au moins cinq personnes, dont trois soldats de l’armée libanaise régulière. Dans la matinée, une infirmière libanaise avait été tuée dans une frappe israélienne alors qu’elle se rendait à son poste à l’hôpital Hiram de Tyr. Une autre attaque avait fait deux femmes mortes et vingt-deux blessées à Saksakiyé, dans le caza de Saïda, selon le ministère libanais de la santé.
Le conflit dépasse largement les frontières libanaises.
Sur un autre front, iranien, l’armée américaine a annoncé samedi soir avoir abattu deux drones d’attaque iraniens qui menaçaient, selon Washington, la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz. Le commandement central américain (Centcom) a précisé dans un communiqué que ses forces « restent en alerte et prêtes à continuer de se défendre ». La veille, le Centcom avait déjà intercepté quatre drones similaires avant de frapper des sites de radars côtiers iraniens. En réponse, Téhéran a indiqué avoir lancé une salve de missiles contre des installations militaires au Koweït et à Bahreïn. L’armée américaine affirme avoir intercepté six missiles balistiques, un septième ayant manqué sa cible.
C’est dans ce contexte que le Pentagone a décidé d’élever au niveau le plus élevé la cote de menace de contre-espionnage concernant Israël, selon plusieurs médias américains dont NBC News et le New York Times, qui citent des responsables de l’administration. La Defense Intelligence Agency aurait conclu que la capacité israélienne à conduire des opérations de renseignement humain et de collecte technique était parvenue à un « niveau critique ». Des responsables américains de premier plan seraient dans le collimateur, dont Steve Witkoff, principal négociateur de Donald Trump, et Elbridge Colby, haut responsable politique du Pentagone. Cette décision intervient dans un contexte de frictions visibles entre Washington et Tel-Aviv : depuis les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, les relations entre Trump et Nétanyahou ont montré des signes de tension, allant jusqu’à un échange verbal particulièrement vif lors d’une conversation téléphonique entre les deux dirigeants alors que la poursuite de l’agression israélienne contre le Liban pèse sur les négociations entre Washington et Téhéran, ce dernier ayant exigé un cessez-le-feu au Liban, comme préalable à tout accord.
Sur le front diplomatique, le Pakistan tente une médiation discrète. Le ministre de l’intérieur pakistanais Mohsin Naqvi a été reçu samedi à Téhéran par son homologue iranien Eskandar Momeni. Il était porteur, selon l’agence ISNA, d’une lettre adressée au Guide suprême Mojtaba Khamenei, cosignée par le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, et le premier ministre Shehbaz Sharif dans le cadre de la médiation pakistanaise qui cherche des canaux pour contenir l’escalade.
L.S.

