Sports

La FAF boucle sa saison sur fond de Mondial : Derrière la fête, le chantier

La Fédération algérienne de football a tenu samedi son bureau fédéral de clôture, en visioconférence. Walid Sadi a pris la parole sur la qualification des Verts pour le Mondial 2026, avant que l’instance passe en revue le football professionnel, la formation et les normes d’encadrement. Le bilan est globalement positif, mais les dossiers en suspens sont réels.

C’est dans une ambiance de fin de saison dopée par l’euphorie du Mondial que le bureau fédéral de la FAF s’est réuni samedi. La qualification de l’équipe nationale pour la Coupe du Monde FIFA 2026 planait sur toute la séance, et le président Walid Sadi n’a pas attendu le premier point de l’ordre du jour pour en faire le cadre de son allocution. « Notre peuple tout entier attend avec enthousiasme, fierté et ferveur la participation de l’équipe nationale à ce rendez-vous planétaire d’exception », a-t-il dit d’entrée, rappelant que cette qualification « signe ainsi son retour sur la scène mondiale après douze années d’absence ». Douze ans. Le chiffre dit tout ce qu’il dit.

Sadi a voulu replacer ce retour dans sa dimension collective, loin de tout personnalisme : « Cette qualification constitue l’aboutissement d’un travail collectif et le fruit des efforts conjugués de l’ensemble des composantes du football national. » Hommage de clôture, certes, mais qui colle à la réalité d’une saison 2025-2026 particulièrement chargée. Le CHAN, la CAN, la Coupe Arabe et les compétitions africaines interclubs ont pesé lourd sur le calendrier. Le championnat a tenu malgré tout.

Le discours du président de la FAF a suivi les codes du genre : gratitude exprimée au chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, « le premier supporter de nos sélections nationales », et salut appuyé à « la communion exceptionnelle entre les supporters et les Verts », présentée comme « l’une des plus grandes forces de notre football ». Sadi a cependant adressé un appel à toutes les structures pour qu’elles « investissent davantage dans la détection, l’encadrement et la formation des jeunes talents ». 

Des motifs de satisfaction et des chantiers en suspens

Car derrière la fête du Mondial, il y a du travail en cours. El Amine Mesloug, président de la Ligue de Football Professionnel, a présenté son rapport de saison et le tableau est nuancé. Les satisfactions d’abord : les incidents dans les stades ont nettement reculé, le calendrier a été respecté dans l’ensemble malgré l’agenda surchargé, et le lancement des championnats Élite U16, U18 et U20 est acté, accompagné de l’introduction de cinq licences pour les joueurs nés en 2005. Ces dispositifs visent à faire remonter des talents du vivier vers le haut niveau sans griller les étapes.

Mais la LFP note aussi « la persistance de certaines insuffisances organisationnelles au niveau de quelques infrastructures sportives ». La formule couvre, en langage d’institution, le fait que des stades restent sous les standards attendus. Des mesures correctives sont annoncées en lien avec les clubs et les partenaires institutionnels.

Le dossier des licences de clubs a également occupé le bureau. Une journée de formation sur le système CLOP organisée le 24 mai dernier, à l’attention des dirigeants de Ligue 1, a permis de clarifier les exigences réglementaires. La FAF salue l’engagement des clubs présents, mais pointe clairement « l’absence de certains clubs à cette session ». L’instance ne mâche pas ses mots : l’adhésion au système de licence « constitue une condition obligatoire et essentielle à la consolidation des standards de gestion, de transparence et de conformité ». Ceux qui ont séché devront s’expliquer.

Sur la formation des jeunes, la Direction technique nationale conduite par Ali Moucer annonce pour juillet 2026 un Tournoi National des Sélections Régionales U13, ouvert aux joueurs nés en 2013. Le principe : aller chercher les talents au-delà des académies des grands clubs, dans les wilayas, en les faisant jouer « sous l’observation des cadres techniques nationaux ». Une circulaire précisera les modalités pratiques.

Le palmarès des compétitions de jeunes de la saison — vingt-six épreuves au total, du Festival des écoles de football U11 aux championnats féminins U20 — dit quelque chose sur l’état du football de formation. Quelques noms reviennent. Le Paradou AC a décroché quatre titres, dont la Coupe d’Algérie U16 et U18 garçons. Le CR Belouizdad a remporté la Super Coupe U20 et le championnat Élite U16. L’ES Sétif a pris le titre Élite U20, la JS Kabylie le championnat Élite U18 garçons et deux titres féminins. Club Football Akbou, habitué discret de ces tableaux, a trusté quatre titres côté féminin, dont le championnat U17 D1 et la Coupe d’Algérie U17 filles. Paradou reste l’académie de référence. Akbou, dans le football féminin de formation, est devenu un cas à part.

De nouveaux prérequis pour les entraîneurs

Le bureau fédéral a par ailleurs adopté de nouveaux prérequis pour les entraîneurs du championnat professionnel. Une circulaire en précisera les conditions d’application. Et la commission ad hoc des stades verra ses premières visites d’inspection démarrer le 23 juin 2026, ligue par ligue, avant centralisation des rapports par la commission nationale.

C’est peu de dire que la prochaine saison s’ouvre avec des attentes accrues. La qualification au Mondial change quelque chose dans le rapport que les Algériens entretiennent avec leur équipe nationale, et par ricochet avec leur football. Sadi l’a formulé en clôture de son discours d’ouverture, avec une formule sur laquelle il sera jugé : « Ensemble, unis autour des mêmes valeurs et des mêmes ambitions, nous continuerons à œuvrer pour bâtir un avenir à la hauteur des aspirations de notre jeunesse et des attentes légitimes de notre pays. » Le Mondial commence le 11 juin. Le chantier, lui, est déjà ouvert.

Moncef Dahleb

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *