L’Institut Abdelmadjid Zitoune se repositionne au cœur de la filière pharmaceutique
L’ex-Institut national spécialisé de formation professionnelle (INSFP) Abdelmadjid Zitoune, implanté à la nouvelle ville d’Ali Mendjeli à Constantine, entame une nouvelle phase de son évolution institutionnelle en devenant un centre d’excellence dédié aux métiers de l’industrie pharmaceutique, a-t-on appris lors d’une journée d’étude organisée en présence d’une cinquantaine de partenaires issus du secteur pharmaceutique et de ses domaines connexes. Une orientation stratégique qui consacre Constantine comme l’un des pôles majeurs du secteur pharmaceutique en Algérie.
Cette reconversion s’inscrit dans la dynamique nationale de modernisation du secteur de la formation professionnelle et de son alignement sur les besoins des filières stratégiques de l’économie. La journée d’étude a constitué une plateforme d’échanges autour des enjeux de développement de cette industrie, considérée comme un levier essentiel de souveraineté sanitaire et économique.
Dans son intervention, le conseiller de la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Seddik Koudil, a souligné que Constantine occupe une place singulière non seulement en tant que pôle industriel et touristique, mais également en tant que centre émergent de l’industrie pharmaceutique. Selon lui, la transformation de l’Institut Abdelmadjid Zitoune en centre d’excellence répond à une vision stratégique visant à rapprocher la formation des besoins réels du tissu économique.
Le directeur de wilaya de la formation et de l’enseignement professionnels, Abdelkrim Driss, a pour sa part insisté sur l’importance de cette rencontre comme espace de concertation entre les différents acteurs du secteur. Il a rappelé que cette mutation s’inscrit pleinement dans la stratégie de réforme engagée par le ministère, qui vise à renforcer l’efficacité et la pertinence des dispositifs de formation. Dans cette perspective, une nouvelle nomenclature des branches et spécialités professionnelles est en cours d’élaboration. Cet outil est appelé à jouer un rôle central dans la réorganisation du système de formation, en servant de référence pour la planification, l’orientation et l’adaptation des parcours aux évolutions du marché du travail.
Les orientations du secteur mettent également l’accent sur la nécessité de renforcer les partenariats avec les acteurs économiques, notamment à travers des conventions-cadres signées avec les secteurs de l’industrie, de l’habitat, de l’agriculture et du tourisme. L’objectif affiché est d’assurer une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les besoins réels des entreprises, dans une logique de sous-traitance et de co-construction des programmes. Dans ce cadre, les autorités du secteur insistent sur la nécessité de dépasser une logique de formation quantitative pour évoluer vers une approche qualitative, fondée sur l’analyse des besoins du marché et la prospection des métiers d’avenir. La remise à niveau des formateurs est également considérée comme un axe prioritaire pour accompagner cette transformation.
Plusieurs responsables et experts ont pris part à cette rencontre, parmi lesquels le directeur de l’emploi, le directeur de l’industrie, le directeur du Centre de recherche en sciences pharmaceutiques (CRSP), ainsi que des représentants d’institutions de recherche, d’écoles supérieures spécialisées, du monde économique et de la Chambre de commerce et d’industrie.
À travers cette nouvelle orientation, Constantine confirme son positionnement comme pôle pharmaceutique en pleine structuration, tandis que l’Institut Abdelmadjid Zitoune s’impose comme un acteur clé dans la formation des compétences appelées à accompagner le développement de cette industrie stratégique. En plaçant la filière pharmaceutique au cœur de sa stratégie de formation, le secteur entend non seulement répondre aux besoins immédiats du marché, mais aussi anticiper les mutations d’une industrie en pleine expansion, appelée à jouer un rôle déterminant dans la souveraineté sanitaire du pays.
Z. M.

