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Reprise des frappes entre l’Iran et l’entité sioniste : Téhéran suspend ses frappes, Trump réclame un cessez-le-feu immédiat

L’Iran a annoncé lundi la fin de ses opérations militaires contre l’entité sioniste, tout en avertissant que de nouvelles frappes « plus fortes et plus décisives » suivraient si celle-ci poursuivait son agression contre le Liban. Pendant ce temps, le président américain Donald Trump exigeait un cessez-le-feu immédiat des deux belligérants, affirmant que des négociations de paix étaient en cours. Sur le terrain libanais, le bilan des martyrs et des blessés continuait de s’alourdir : 3 637 martyrs et 11 188 blessés depuis la reprise des agressions sionistes le 2 mars, selon le ministère libanais de la Santé. Les échanges de frappes ont repris dimanche entre l’Iran et l’entité sioniste.

L’annonce iranienne est venue du quartier général militaire central Khatam al-Anbiya, cité par l’agence Fars. Dans un communiqué, les forces armées de la République islamique ont affirmé avoir conduit leurs frappes en réponse à « l’agression et au sabotage » de l’entité sioniste dans le sud du Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth, le quartier de Dahieh. « Les puissantes forces armées de la République islamique d’Iran ont opposé une forte riposte en soutien au peuple libanais qui souffre des attaques », indique le texte. La suspension est présentée comme conditionnelle : si l’entité sioniste poursuit ses agressions, l’Iran frapperait à nouveau, avec une intensité supérieure. Du côté de l’entité sioniste, aucun commentaire officiel n’a suivi l’annonce iranienne. Un responsable militaire avait déclaré plus tôt à Reuters que l’entité sioniste était « préparée à différents scénarios impliquant l’Iran, allant d’opérations de courte durée à des interventions aussi longtemps que nécessaire ». Cette formulation, délibérément ouverte, résume la posture israélienne dans ce cycle d’escalade.

À Washington, Donald Trump a choisi la surenchère diplomatique. Sur Truth Social, le président américain a affirmé qu’« Israël et l’Iran souhaitent tous deux un cessez-le-feu immédiat » et que « des négociations de paix finales sont en cours ». Il a ajouté que « les choses devraient être finalisées rapidement », sans préciser par qui ni dans quel cadre. Le blocus américain des ports iraniens restera en vigueur, a-t-il précisé, « jusqu’à la conclusion d’un accord définitif ».

Le président iranien Massoud Pezeshkian a livré sur X une déclaration qui ne ferme aucune porte. « Nous défendrons résolument les intérêts de notre pays et ne reculerons devant aucune menace », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « La diplomatie et la défense sont deux piliers de la force nationale ; nous n’abandonnerons ni le champ de bataille, ni la table des négociations. » Téhéran maintient ainsi sa double posture : disposé à négocier, résolu à résister.

Pendant que les capitales échangent leurs signaux, le Liban continue de payer le prix de l’agression sioniste. Le Premier ministre Nawaf Salam a accusé l’entité sioniste d’avoir conduit, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu américain le 16 avril, « 3 491 frappes aériennes, 407 opérations de destruction et 6 campagnes qui ont complètement rasé des villages du sud du Liban ». Salam a précisé que Beyrouth s’efforçait de maintenir le cessez-le-feu, mais que la récente escalade avait provoqué de nouveaux déplacements de population, accentuant la pression sur un pays déjà à bout.

À Tyr, ville phénicienne inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, les frappes sionistes du 8 juin ont causé ce que le directeur des sites archéologiques du sud du Liban, Ali Badaoui, a qualifié de « plus grand dommage au site depuis le début de l’agression sioniste ». Des colonnes, chapiteaux, mosaïques ont été atteints par des débris. « Une première évaluation des dégâts est en cours, mais les experts ne se trouvent pas sur place en raison du danger. L’Unesco a été informée », a indiqué Badaoui. Le second site protégé de Tyr, El Bass, a lui aussi subi des dégâts depuis le 2 mars. Fin mai, le ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé avait déjà alerté que les frappes sionistes dans le sud mettaient les sites patrimoniaux « en sérieux danger ».

L.S.

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