La campagne électorale pour les législatives s’ouvre aujourd’hui : C’est parti !
À trois semaines du scrutin, les partis politiques et les listes indépendantes entrent mardi dans le vif du sujet.
La campagne électorale pour les législatives du 2 juillet s’ouvre officiellement mardi , lançant une course de 21 jours pour convaincre 24 727 041 électeurs algériens — dont 854 285 membres de la communauté nationale établie à l’étranger. Pendant ce temps, le ministère de l’Intérieur poursuit ses tournées d’inspection à travers les wilayas pour s’assurer que la logistique sera au rendez-vous. Le compte à rebours est lancé.
La campagne durera jusqu’à 72 heures avant le scrutin, conformément à la loi organique relative au régime électoral. Ce délai de silence électoral — qui interdit toute propagande et tout sondage d’opinion — est conçu, selon les textes en vigueur, pour « permettre au citoyen de réfléchir sereinement avant de déposer son bulletin dans l’urne ».
Sur le terrain, les candidats devront multiplier les meetings, les activités de proximité et les interventions sur les réseaux sociaux et les médias audiovisuels. Mais l’espace de campagne n’est pas sans limites. La loi interdit formellement toute instrumentalisation des « constantes nationales », toute incitation à la division, tout discours de haine ou de régionalisme, ainsi que tout recours aux langues étrangères. Les symboles de l’État ne peuvent figurer sur aucune affiche ou support électoral. Les lieux de culte, les établissements publics, éducatifs et universitaires sont hors du périmètre autorisé.
Pour l’affichage, les communes — sous la supervision de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) — sont tenues d’allouer des espaces publicitaires de dimensions strictement égales à toutes les listes. Toute affiche posée en dehors de ces emplacements officiels est interdite.
Un numéro de tirage au sort pour tout identifier
L’ANIE a précisé dimanche une mesure pratique mais structurante pour l’ensemble de la campagne : le numéro attribué lors du tirage au sort organisé le 6 juin au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal d’Alger servira d’identifiant unique à chaque liste. Ce numéro figurera à la fois sur les bulletins de vote et dans la publicité électorale dans les espaces d’affichage public. L’ANIE a par ailleurs invité les listes concernées par des passages dans les médias audiovisuels publics à transmettre par e-mail — à l’adresse campagne.elec26@ina-elections.dz — « une liste nominative des candidats concernés par l’enregistrement au moins 48 heures avant la date de diffusion de la séquence ». Chaque liste devra également fournir, avant tout enregistrement, « une autorisation délivrée par le parti ou par les candidats de la liste indépendante, précisant la chaîne d’enregistrement, la date de diffusion, la tranche horaire et la séquence ». Ces dispositions s’appliquent à la Chaîne 1 de télévision et aux trois chaînes de radio nationales.
L’argent sous surveillance
Le financement de la campagne est encadré avec une précision inhabituellement détaillée. Les sources légales se limitent aux contributions des partis politiques, aux apports personnels des candidats et aux dons en numéraire ou en nature provenant uniquement de personnes physiques de nationalité algérienne. Tout financement étranger est formellement interdit, tout comme les contributions de personnes morales — entreprises, associations ou autres.
Chaque liste est tenue d’ouvrir un compte bancaire unique, géré par un seul établissement financier, et de ne pas dépasser le plafond de dépenses fixé par la loi. Une commission de surveillance du financement de la campagne exercera un contrôle a posteriori : les candidats devront présenter un budget de campagne dans les mois suivant la proclamation des résultats. L’objectif affiché est de « tarir les sources de financement illicite de la vie politique ».
En parallèle de la campagne, les services du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports sont déjà sur le terrain. Des équipes d’inspection sillonnent les wilayas pour vérifier l’état des salles de meeting, des centres et bureaux de vote. Selon un communiqué du ministère, ces sorties interviennent « en application des instructions du ministre Saïd Sayoud, visant à réunir toutes les conditions propices et à mobiliser l’ensemble des moyens humains et matériels nécessaires pour garantir le bon déroulement de cette échéance nationale ». Les équipes « se sont enquises du niveau de préparation des structures concernées ainsi que de leur dotation en différents moyens et matériels électoraux ».
La couverture médiatique du scrutin sera placée sous la surveillance de l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA). Dans un communiqué récent, l’ANIRA a rappelé à l’ensemble des médias audiovisuels publics et privés leurs obligations légales et déontologiques, en précisant qu’elle « veillera, dans la limite de ses prérogatives, au respect, par les médias audiovisuels, des règles professionnelles et juridiques régissant le processus électoral, et prendra les mesures légales et réglementaires nécessaires en cas de dépassements ou de manquements portant atteinte à l’intégrité de la couverture médiatique des élections législatives ».
Ces élections législatives du 2 juillet renouvelleront l’Assemblée populaire nationale pour une 10e législature de cinq ans. Avec 24,7 millions d’électeurs inscrits et un dispositif réglementaire resserré, le scrutin s’annonce comme un test grandeur nature pour l’ensemble du système électoral algérien.`
Hocine Fadheli
Chiffres et dates clés
9 juin 2026 — Ouverture officielle de la campagne électorale
29 juin 2026 — Début du silence électoral (72h avant le scrutin)
2 juillet 2026 — Jour du scrutin (élections législatives, APN)
Corps électoral : 24 727 041 inscrits dont 23 872 756 en Algérie et 854 285 à l’étranger Numéro d’identification : attribué par tirage au sort le 6 juin — valable pour bulletins et affichage
Contact médias : campagne.elec26@ina-elections.dz (délai : 48h avant diffusion)

