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La mort d’un homme devant l’hôpital de Taza embrase l’opinion : La rue marocaine bouillonne !

Un homme est mort devant les urgences de l’hôpital régional de Taza, au nord-est du Maroc, après avoir été refusé à l’admission et abandonné sans assistance médicale pendant de longues heures. Les images de son agonie, diffusées sur les réseaux sociaux, ont déclenché une vague d’indignation nationale qui dépasse le seul drame humain pour pointer les défaillances structurelles d’un système de santé public à bout de souffle.

La scène est insoutenable : un homme seul devant les portes d’un hôpital, mourant, sans que personne n’intervienne. La vidéo a fait le tour du pays en quelques heures, ravivant une colère accumulée contre un régime qui multiplie les discours sur la modernisation du royaume sans que le citoyen ordinaire en perçoive le moindre effet dans sa vie quotidienne.

L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) n’a pas tardé à réagir, qualifiant ce décès de « honte nationale » et dénonçant « l’ampleur de la dégradation des conditions de santé et de protection sociale ». Dans un communiqué, elle met en cause directement les autorités locales, régionales et nationales, accusées de négligence institutionnelle, et pointe un manque structurel criant de médecins et d’équipements essentiels dans les hôpitaux publics.

L’Organisation Nationale Marocaine des Droits Humains et de Lutte contre la Corruption est allée plus loin, refusant de réduire ce drame à un incident isolé. Elle parle d’« homicide involontaire », conséquence d’« une négligence mortelle, d’une gestion calamiteuse et de l’effondrement du système d’accueil » de l’établissement. L’ONG réclame une enquête judiciaire approfondie portant non seulement sur les causes médicales immédiates, mais sur l’ensemble du parcours d’abandon qui a conduit à cette mort.

La classe politique et la société civile ne sont pas les seules à s’indigner. Le journaliste Younes Ftaite a posé publiquement la question que beaucoup retiennent : combien de morts encore avant que le gouvernement agisse ? « Où est passé le ministre de la Santé ? Son absence est gravissime », a-t-il déclaré dans une vidéo largement partagée, établissant un parallèle avec le décès de onze femmes enceintes à Agadir, faute de prise en charge médicale. « Pour les responsables, il ne s’agit que d’un citoyen décédé de plus parmi quarante millions de Marocains. »

Le blogueur et militant des droits humains Mohamed Qandyl a, lui, élargi le propos au-delà du seul secteur de la santé. « Ce n’est pas un incident isolé, mais le miroir d’un système présenté dans les discours officiels comme une réussite, alors qu’il s’écroule sous le poids de la négligence, de la mauvaise gestion et de l’absence du minimum d’humanité. » Il a mis en cause directement le Makhzen, dénonçant « des milliards de dirhams dépensés pour des projets vides » pendant que le citoyen est abandonné à la porte des hôpitaux. « Ici, ce n’est pas seulement la pauvreté qui tue, mais l’absence d’organisation, la faiblesse du système et l’érosion du sens des responsabilités. »

Ce drame s’inscrit dans une série noire qui n’en finit pas. En 2025, la mort de huit femmes enceintes à Agadir avait déjà déclenché une mobilisation citoyenne d’ampleur, portée notamment par la GenZ, exigeant des réformes profondes face à la dégradation des services publics. Aujourd’hui, le même scénario se répète, avec la même sidération et la même impunité. L’inauguration en juin 2026 du nouvel hôpital régional de Tétouan, présentée comme une avancée majeure, est d’ailleurs contestée par les syndicats qui dénoncent une ouverture précipitée, des équipements incomplets et un manque de fournitures. Façade brillante, réalité amère : la formule revient comme un leitmotiv dans les bouches de ceux qui observent le fossé qui se creuse entre les annonces officielles et le vécu des Marocains.

Face à un régime qui s’entête dans le silence et l’inaction, la rue, elle, ne veut plus se taire quitte à défier la répression brutale du régime du Makhzen.

L.S.

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