Malika Bendouda fixe le cap pour le prochain SILA : Tolérance zéro pour les discours de haine
La ministre de la Culture et des Arts a installé officiellement, lors d’une réunion de travail, le comité de lecture et de suivi de la 29e édition du Salon international du livre d’Alger. Entre exigences légales, lutte contre les discours de haine et ambition d’un rayonnement international, les instructions de Bendouda dessinent un SILA 2026 résolument inédit.
Le compte à rebours est lancé. Dans le cadre des préparatifs officiels de la 29e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA), la ministre de la Culture et des Arts, Pr Malika Bendouda, a présidé une réunion consacrée à l’installation du comité de lecture et de suivi, en présence de l’ensemble des membres nommés par arrêté ministériel en date du 5 mai 2026, a annoncé dimanche un communiqué de son département ministériel. Un acte fondateur qui inaugure officiellement les préparatifs du plus grand rendez-vous littéraire du continent africain et du monde arabe — et qui s’est accompagné d’un message politique fort, articulé autour de trois axes stratégiques.
Premier pilier de la feuille de route délivrée par la ministre, l’impératif de légalité. Malika Bendouda a d’emblée planté le décor en insistant sur la nécessité que le travail du comité repose sur une base solide, à savoir le respect des lois et réglementations régissant le secteur du livre. Elle a appelé les membres à être « engagés dans le respect de la loi dans l’organisation du salon, loin de tout dépassement ou de toute double mesure ».
Le deuxième axe est celui qui porte la charge éthique et politique la plus assumée. La ministre a été sans détour. Le Salon international du livre d’Alger est « un espace de lumière et de coexistence », et il n’y a de place, dans cet espace, pour « aucun texte ou discours porteur de haine, de violence ou cherchant à porter atteinte aux valeurs humaines supérieures ». Bendouda a exhorté le comité à « faire face aux discours de haine et de violence avec toute la fermeté nécessaire », tout en précisant que ce positionnement « ne représente pas de simples instructions organisationnelles, mais reflète un engagement politique et éthique du ministère de la Culture ».
Troisième volet, et peut-être le plus novateur dans son esprit, l’ouverture et la modernisation. La ministre a exhorté le comité à proposer des visions permettant de faire évoluer le SILA, et pas seulement de le gérer. Une nuance sémantique lourde de sens. Bendouda a insisté sur la nécessité « d’accompagner le salon dans l’évolution du monde », soulignant qu’il n’est « plus cantonné à la dimension locale » et qu’il est devenu « une étape internationale en interaction avec les transformations du paysage culturel et numérique mondial ».
Dans ce sillage, la ministre a adressé une invitation explicite à « respecter le lecteur d’aujourd’hui », qu’elle place comme « l’axe central du salon », en réclamant une sélection et une présentation des ouvrages à la hauteur de ses aspirations, à travers « un contenu de qualité digne du goût du lecteur algérien et arabe ».
Avec ces orientations, le ministère de la Culture trace les contours d’une édition 2026 pensée comme une rupture qualitative, un salon ancré dans le droit, gardien de valeurs universelles, et simultanément tourné vers les grandes mutations culturelles et numériques de son époque. Loin d’être contradictoires, rigueur et ouverture apparaissent ici comme les deux faces d’un même projet : celui d’un SILA enfin à la hauteur d’une Algérie qui a de grandes ambitions pour son livre et pour ses lecteurs.
Mohand Seghir

