Coopération agricole algéro-américaine : Un accord pour l’importation de moutons US
L’ambassade des États-Unis à Alger a annoncé, lundi, un accord entre le ministère américain de l’Agriculture et le ministère de l’Agriculture du Développement rural et de la pêche pour l’ouverture du marché national aux exportations d’ovins américains destinés à l’abattage, une décision qui vient approfondir le partenariat agroalimentaire entre les deux pays, après l’annonce il y a quelques semaines d’une opération d’importation massive de bovins lancée au profit de la ferme géante de Baladna à Adrar.
Selon la représentation diplomatique américaine, les deux départements ministériels « ont convenu d’ouvrir le marché algérien aux exportations de moutons américains destinés à l’abattage », un accord présenté comme « un nouveau chapitre important dans le développement des relations agricoles entre les États-Unis et l’Algérie », renforçant au passage la position de Washington comme « fournisseur fiable de bétail de haute qualité ».
Cette ouverture intervient dans un contexte où l’Algérie a déjà eu recours, ces derniers mois, à plusieurs origines d’approvisionnement pour sécuriser son marché en viande ovine. Le pays a notamment importé un million de têtes en provenance de Roumanie et d’Irlande en vue de l’Aïd-el-Adha, conduite sous une cadence logistique soutenue.
Cette diversification des sources d’importation s’inscrit dans la politique de régulation du marché de la viande rouge, alors que les prix de la viande locale ont atteint des niveaux records, dépassant les 3 000 dinars le kilogramme. Elle s’accompagne, en parallèle, d’une politique de reconstitution du cheptel national fondée sur la protection des races locales, à travers l’encadrement de l’abattage des femelles reproductrices ovines et caprines, mesure destinée à préserver le noyau reproducteur du pays et à réduire, à terme, la dépendance aux importations.
L’accord sur les ovins américains s’ajoute à un volet déjà engagé sur les bovins. Le groupe qatari Baladna avait annoncé fin avril l’importation de 30 000 vaches en provenance des États-Unis pour sa ferme d’Adrar, dans le cadre de la deuxième phase de réalisation d’un projet d’élevage géant prévu pour atteindre 270 000 têtes dans le Sahara occidental algérien, pour un investissement annoncé de 635 millions de dollars. Un pont aérien doit être déployé à partir de novembre entre Adrar et neuf États américains, à raison de 109 vols prévus sur dix mois, transportant en moyenne 300 vaches par rotation.
L’accumulation de ces accords agricoles dessine un resserrement progressif des liens entre Alger et Washington sur le plan agroalimentaire, dans un secteur jusque-là dominé par les fournisseurs européens et sud-américains. Pour les autorités algériennes, l’enjeu est double, répondre dans l’immédiat à une demande intérieure tendue, tout en construisant, à moyen terme, une base d’élevage locale plus robuste, appuyée sur la protection du cheptel reproducteur national et sur des partenariats d’investissement de grande envergure comme celui de Baladna à Adrar. Le calendrier de mise en œuvre de l’accord sur les ovins américains, ainsi que les volumes concernés, n’ont pas été précisés par l’ambassade des États-Unis.
Samir Benisid

