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Mondial 2026 : Les Verts jouent leur destin contre la Nati

Vendredi 3 juillet, à quatre heures du matin heure algérienne, des millions de supporters se lèveront pour vivre ce que l’équipe nationale n’a vécu qu’une seule fois dans toute son histoire mondiale. À Vancouver, l’Algérie affronte la Suisse en seizièmes de finale du Mondial 2026. Un match, un rêve, et un duel qui dépasse le simple cadre du football.

Vladimir Petkovic, le sélectionneur des Verts se retrouve dans une situation que le scénario le plus tordu n’aurait pas osé imaginer. Face à lui, vendredi, ne sera pas une équipe quelconque. Ce sera la Suisse, la « Nati », celle qu’il a dirigée pendant sept ans, de 2014 à 2021, avec laquelle il a vécu ses plus grands moments de coach. Sept ans, 78 matchs, un record absolu pour un sélectionneur helvétique, et un quart de finale à l’Euro 2021 après avoir éliminé la France en huitièmes dans ce qui reste l’un des résultats les plus retentissants de l’histoire récente du football européen. Près de cinq ans après son départ, le destin lui offre des retrouvailles qu’il n’avait pas planifiées, cette fois depuis le banc algérien.

Petkovic, homme de presse rodé, a choisi ses mots avec soin au moment d’évoquer ce duel particulier. « Profitons d’abord de notre qualification pour les seizièmes de finale, avant de nous projeter sur le prochain défi, la Suisse », a-t-il déclaré, refusant d’alimenter trop tôt la dramaturgie d’une affiche qui n’en manque pourtant pas. Sur le fond, le technicien bosno-suisse sait exactement ce qui l’attend. « La Suisse est une sélection expérimentée qui participe régulièrement aux grands rendez-vous européens et mondiaux. Je connais bien sa philosophie de jeu, même si plusieurs joueurs ont changé depuis. Nous allons étudier attentivement cette équipe dans les jours à venir afin d’élaborer la meilleure stratégie possible pour poursuivre notre aventure dans ce Mondial », a-t-il ajouté, avec cette la sérénité calculée qui le caractérise.

Car au-delà de l’anecdote émotionnelle, la réalité du terrain s’impose avec ses propres exigences. La Suisse qui débarque à Vancouver n’est pas une équipe en reconstruction. Elle a terminé en tête de son groupe. Organisée, difficile à manoeuvrer, portée par une culture tactique profonde et des cadres expérimentés en club comme en sélection, la « Nati » de Murat Yakin représente un défi de premier plan pour des Verts qui savent ce que valent les discours avant de fouler la pelouse.

Seulement voilà. Cette équipe algérienne a montré, durant la phase de groupes, qu’elle n’était pas venue au Mondial 2026 pour faire de la figuration. Les Verts ont battu la Jordanie deux buts à un, puis ont arraché un nul spectaculaire trois buts partout face à l’Autriche dans un match qui aurait pu basculer dans tous les sens. Ce point, conquis dans l’adversité, leur a ouvert les portes de la phase à élimination directe. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas le fruit du hasard non plus. C’est la marque d’un groupe qui croit en ce qu’il fait et qui sait souffrir quand il le faut.

Petkovic le sait mieux que quiconque. Et c’est précisément là que sa double casquette prend toute sa valeur. Connaître la Suisse de l’intérieur, ses codes, ses habitudes, ses zones de confort et ses fragilités, c’est un avantage qui ne se quantifie pas facilement mais qui peut peser dans la préparation d’une rencontre à élimination directe. Les principes de jeu helvétiques ont évolué depuis son départ, certains visages ont changé, mais les fondations restent celles qu’il a lui-même contribué à cimenter. Il sait comment cette équipe réagit sous pression, comment elle s’organise défensivement, et où chercher les espaces.

Du côté suisse, l’affrontement suscite un intérêt particulier que les médias helvétiques ont commencé à alimenter. Les retrouvailles entre Petkovic et plusieurs de ses anciens cadres de la « Nati » donnent à cette affiche une dimension supplémentaire qui ne se résume pas à onze contre onze. C’est aussi un duel d’interprétations, une confrontation entre un homme et son passé, et la question de savoir si la connaissance intime peut se transformer en avantage décisif sur un terrain de Coupe du monde.

Pour les Verts et leurs supporters, dispersés à travers le monde et rassemblés dans des millions de salons algériens à une heure impossible, l’enjeu dépasse tout cela. L’Algérie n’a participé qu’une seule fois à un stade éliminatoire d’un Mondial. Ce vendredi à Vancouver représente une chance rare d’inscrire une page supplémentaire dans une histoire encore trop courte en phase finale. Pas pour battre un record statistique. Mais pour prouver que cette qualification n’était pas un accident, et que le football algérien a quelque chose à dire au reste du monde.

Moncef Dahleb

La Suisse attend l’Algérie avec impatience

Pour la première fois de leur histoire en compétition officielle, l’Algérie et la Suisse se retrouveront face à face en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, vendredi à 04h00 (heure algérienne) au BC Place de Vancouver. Le sélectionneur helvétique Murat Yakin ne cache pas son enthousiasme. Les Verts se sont qualifiés pour ce tour en accrochant un match nul spectaculaire face à l’Autriche (3-3) lors de la dernière journée de la phase de groupes, obtenant la 6ᵉ place au classement des meilleurs troisièmes. Ils affronteront une Suisse qui a dominé son Groupe B devant le Canada, la Bosnie-Herzégovine et le Qatar, et qui aborde ce huitième de finale — pardon, ce seizième — en pleine confiance. Murat Yakin a évoqué ce match avec fair-play. Après avoir suivi en groupe le match Algérie-Autriche à l’hôtel, le technicien a confié : «C’était une partie intéressante, avec une fin de match très animée. Ce sera l’occasion de retrouver Vlado, que je connais grâce à nos rencontres en Suisse. L’Algérie est un adversaire intéressant, avec beaucoup de qualités individuelles. Nous nous réjouissons de cette rencontre.»

M.D.

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