L’Algérie réaffirme son soutien indéfectible au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination
L’Algérie a réitéré mardi à Boumerdès son engagement historique aux côtés du peuple sahraoui, à l’occasion de l’ouverture de la 14e édition de l’Université d’été des cadres du Front Polisario et de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), organisée à l’Université M’hamed Bougara en présence du président sahraoui Brahim Ghali.
Dans une allocution lue en son nom par le sénateur Ayache Djebablia, le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a affirmé que l’Algérie, sous la conduite du président de la République Abdelmadjid Tebboune, se tenait fièrement aux côtés du peuple sahraoui dans son combat pour un règlement juste, librement accepté et conforme à sa volonté souveraine. Il a estimé que la résistance sahraouie, portée par le Front Polisario en tant que représentant unique et légitime du peuple sahraoui, « mérite la considération de la communauté internationale et exige une vaste mobilisation solidaire internationale », afin de faire obstacle aux pratiques expansionnistes marocaines qui bloquent, selon lui, tout règlement équitable du conflit. Nasri a rattaché cet engagement au parcours révolutionnaire du pays, rappelant que la solidarité de l’Algérie envers les mouvements de libération à travers le monde, singulièrement en Afrique, s’inscrit dans la continuité d’un passé de lutte contre le colonialisme, l’occupation et le racisme. Il a par ailleurs indiqué que la question sahraouie occupe une place centrale dans l’action de la diplomatie parlementaire algérienne, les deux chambres du Parlement s’attelant à mobiliser la solidarité d’autres parlements en faveur du peuple sahraoui et à rappeler la responsabilité de la communauté internationale dans la protection de ce dernier ainsi que de ses ressources naturelles.
Ghali la complaisance européenne
Prenant la parole à son tour devant les cadres du Polisario, le président de la RASD Brahim Ghali a placé son intervention sous le signe de la légalité internationale, s’appuyant sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU qui, selon lui, tranche en faveur de l’autodétermination malgré les tentatives d’imposer une primauté à la proposition marocaine. Il a affirmé que ce texte « affirme clairement que le règlement juste et définitif du conflit au Sahara occidental passe inéluctablement par l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination ». Le chef de l’Etat sahraoui a salué la disposition constante de son mouvement à coopérer de bonne foi, appelant le Conseil de sécurité à faire preuve de fermeté face à ce qu’il a qualifié de politique du fait accompli menée par Rabat, une attitude susceptible, selon lui, d’attiser les tensions régionales. Il est allé plus loin en dressant un réquisitoire sévère contre le Maroc, accusé de recourir au chantage migratoire et à des pratiques encore plus graves. Il a ainsi dénoncé un Etat qui utilise, selon ses mots, « tous les moyens, aussi vils et ignobles soient-ils, pour parvenir à ses fins », l’accusant de favoriser le trafic de stupéfiants et de nourrir des réseaux criminels transnationaux, jusqu’à mettre en cause la souveraineté du royaume vis-à-vis de puissances étrangères. Brahim Ghali a également visé l’attitude de Bruxelles, se disant frappé par ce qu’il perçoit comme une forme de complaisance de l’Union européenne à l’égard de Rabat, regrettant un silence prolongé face aux violations du droit international. Il a insisté sur le fait que la menace ne se limite pas à la pression migratoire, rappelant les épisodes survenus à Ceuta, mais s’étend selon lui à des filières terroristes opérant en Europe. Le dirigeant sahraoui a appelé la communauté internationale à agir face à ce péril grandissant et exhorté l’Union africaine à assumer ses responsabilités pour trouver une issue au conflit, dans le respect des principes fondateurs de l’organisation continentale, à commencer par l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation. Il a conclu en réaffirmant la détermination inébranlable de son peuple à poursuivre sa lutte de libération par tous les moyens légitimes. D’autres intervenants ont enrichi les débats de cette rencontre. Le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saïd Ayachi, a plaidé pour une consultation populaire comme seule issue viable au conflit, tandis que l’ambassadeur sahraoui à Alger, Khatri Adouh Khatri, a salué la constance de la position algérienne. La wali de Boumerdès, Fouzia Naama, a pour sa part rappelé que cette université d’été est devenue un symbole durable de solidarité, un constat partagé par la ministre sahraouie de la Coopération, Fatma El Mahdi, qui a insisté sur des liens forgés par des décennies de sacrifices communs entre les deux peuples.
Hocine Fadheli

