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Moyen-Orient : Trump évoque des pourparlers « très bons » avec Téhéran

Le président américain Donald Trump a affirmé, mercredi, que les discussions indirectes menées à Doha entre Washington et Téhéran en vue d’un règlement durable de la crise au Moyen-Orient progressaient favorablement, alors que des représentants américains et iraniens poursuivaient le même jour des discussions techniques dans la capitale qatarie. S’exprimant devant la presse américaine avant de s’envoler pour le Dakota du Nord, Donald Trump a évoqué des réunions qu’il a qualifiées de « très bonnes », estimant que « la dénucléarisation de l’Iran avance bien » et que « tout est en cours, tout se passe bien ». Le président américain a par ailleurs relevé que les deux parties s’étaient récemment livrées à des échanges de frappes, avant d’affirmer que les relations entre Washington et Téhéran demeuraient, selon ses termes, cordiales.

Ces déclarations interviennent alors que des émissaires américains et iraniens mènent, depuis mi-juin, des négociations censées durer 60 jours, un délai renouvelable, après la signature d’un protocole d’accord le 17 juin sous médiation pakistanaise et qatarie. Selon un diplomate au fait du dossier, les discussions techniques indirectes se poursuivaient mercredi à Doha, sans la participation directe des émissaires présidentiels américains. La partie iranienne a, de son côté, confirmé l’envoi d’une délégation d’experts conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères, tout en précisant qu’aucune négociation directe avec la partie américaine n’était envisagée dans l’immédiat, quel qu’en soit le niveau.

Si la signature du protocole d’accord entre les deux pays a permis de réduire l’intensité des tensions, plusieurs dossiers sensibles demeurent en suspens, au premier rang desquels figurent le dossier nucléaire iranien, le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger, ainsi que la gestion du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part considérable des exportations mondiales d’hydrocarbures. Le trafic maritime dans ce détroit a sensiblement ralenti ce week-end, à la suite de deux attaques ayant visé des navires marchands. Dans ce contexte, les syndicats et employeurs du secteur maritime international ont indiqué, dans un communiqué conjoint de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et du Joint Negotiating Group (JNG), qu’ils continueraient de considérer le détroit d’Ormuz comme une zone de guerre au moins jusqu’au 9 juillet, une décision justifiée, selon le texte, par « le risque persistant et important pour la vie humaine ainsi que l’évolution rapide de la situation dans la zone ». Ce statut concerne environ 15 000 navires appartenant à des compagnies signataires des accords collectifs de l’International Bargaining Forum (IBF). Le cours du Brent, référence du marché pétrolier mondial, est resté stable mercredi, se maintenant légèrement au-dessus des 70 dollars.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé, lors d’une intervention diffusée mardi soir à la télévision d’État, qu’il était naturel que la fin d’un conflit de cette ampleur s’accompagne de difficultés de mise en œuvre, d’incidents ponctuels et de divergences d’appréciation entre les parties. Selon ses déclarations, Téhéran souhaite désormais que les tractations en cours portent en priorité sur la fin des hostilités au Liban ainsi que sur la question du détroit d’Ormuz. Pour Anna Jacobs, chercheuse à l’Arab Gulf States Institute, si le processus de négociation demeure à un stade précoce, marqué par des tensions se jouant à la fois en coulisses et sur la scène publique, le maintien du dialogue entre les deux parties après les affrontements de la semaine écoulée constitue en soi un signal globalement positif.

L’entité sioniste maintient l’occupation du Sud Liban

Au Liban, que la partie iranienne a exigé d’inclure dans les discussions en cours, l’entité sioniste a poursuivi ses raids ces derniers jours, en dépit de la signature, vendredi à Washington, d’un accord-cadre présenté comme devant établir une paix durable. Ce texte, conclu entre l’entité sioniste et le Liban, conditionne le retrait des troupes sionistes du sud du pays, au désarmement du Hezbollah, qui continue toutefois de s’y opposer.

Le ministre sioniste de la Défense, Israël Katz, a toutefois affirmé mercredi que l’armée d’occupation resterait, selon ses propres termes, « pour une durée indéterminée » dans ce qu’elle qualifie de « zones de sécurité », tant au Liban qu’en Syrie et dans la bande de Ghaza. Cette annonce confirme la poursuite de la présence militaire sioniste sur plusieurs fronts régionaux, en dépit des engagements pris dans le cadre des différents accords de cessez-le-feu et de paix récemment signés.

Sur le terrain libanais, le Centre des opérations d’urgence sanitaire relevant du ministère de la Santé publique a indiqué, dans un communiqué publié mercredi, que le bilan global des raids sionistes menés contre le Liban depuis le 2 mars s’est alourdi à 4 297 martyrs et 12 196 blessés.  Les bombardements et opérations militaires sionistes qui se sont succédé depuis cette date ont ainsi continué de faire des victimes parmi la population civile libanaise, l’armée d’occupation poursuivant ses agressions en dépit de l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu.

Alors que les canaux diplomatiques restent ouverts entre Washington et Téhéran, la persistance des frappes sionistes au Liban, en Syrie et à Ghaza continue ainsi d’alimenter les inquiétudes quant à la fragilité des équilibres régionaux, plusieurs observateurs estimant que la consolidation d’une paix durable au Moyen-Orient demeure, à ce stade, suspendue à la volonté effective des différentes parties de respecter leurs engagements sur l’ensemble des fronts ouverts.

L.S.

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