Karim Khelfane, président par intérim de l’ANIE : « Toutes les dispositions ont été prises » pour un scrutin apaisé
À la veille du scrutin législatif du 2 juillet, le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, a affirmé que l’ensemble des dispositifs nécessaires à la réussite de l’opération électorale sont désormais en place, tant sur le territoire national qu’à l’étranger, précisant que des prolongations d’horaires pourront être décidées jusqu’à 20 heures le jour du vote si les circonstances l’exigent. « Toutes les dispositions nécessaires ont été prises afin d’assurer le bon déroulement du scrutin pour les élections législatives le 2 juillet car nous voulons que ce vote soit un moment de fête, de convivialité et de respect entre tous les intervenants dans le processus électoral », a déclaré M. Khelfane, mercredi, dans l’émission « L’invité du jour » sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne. Le responsable de l’ANIE a d’abord dressé un état des lieux détaillé des préparatifs, en commençant par le dispositif du vote itinérant destiné aux populations nomades des wilayas du Grand Sud. Cette opération mobilise 134 bureaux répartis sur 15 wilayas et concerne près de 31 000 électeurs, un mécanisme que Karim Khelfane a présenté comme une réponse concrète à l’éloignement géographique de certains électeurs. « C’est une exception où ce n’est plus le citoyen qui se déplace vers l’urne, mais l’urne qui va à sa rencontre. C’est un principe universel de rapprocher le vote du citoyen, et nous allons encore plus loin en rejoignant directement nos concitoyens nomades », a-t-il expliqué, relevant que ces bureaux itinérants enregistrent généralement les taux de participation les plus élevés, parfois proches de 100 %. Il a par ailleurs indiqué que plusieurs nouveaux bureaux ont été ouverts à la demande des habitants et des démembrements locaux de l’ANIE, notamment dans les nouvelles wilayas du Sud, où les équipes parcourent parfois plusieurs heures de route pour atteindre les électeurs.
S’agissant du vote de la communauté nationale établie à l’étranger, entamé cinq jours avant le scrutin en Algérie, le président par intérim de l’ANIE a rappelé que le fichier électoral de la diaspora compte 854 285 électeurs répartis sur huit circonscriptions couvrant l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient, le nombre de sièges qui leur sont réservés passant cette année de huit à douze. L’opération se déroule dans 129 centres de vote installés au niveau de 122 représentations diplomatiques et consulaires, regroupant 433 bureaux de vote encadrés par plus de 3 000 agents. « Les premiers jours de vote se sont déroulés dans des conditions normales malgré les fortes chaleurs enregistrées dans plusieurs pays », a assuré M. Khelfane, précisant que les premiers taux de participation varient entre 2 % et 7 % selon les zones, des chiffres qu’il a jugés encourageants compte tenu de l’étalement du scrutin sur six jours.
Une campagne électorale menée dans un « climat serein et respectueux »
Revenant sur le déroulement de la campagne électorale, le responsable de l’ANIE s’est dit satisfait du climat dans lequel elle s’est tenue, assurant que l’Autorité avait veillé au respect des dispositions de la Constitution et de la loi électorale, notamment l’interdiction de tout discours de haine, de discrimination ou portant atteinte aux constantes nationales. « Notre objectif n’a jamais été de gêner les partis politiques ou les listes indépendantes. Nous avons privilégié la pédagogie, attiré leur attention lorsque cela était nécessaire et, dans la grande majorité des cas, les candidats ont été très réceptifs », a-t-il affirmé, indiquant que des mises en demeure et saisines de la justice ont néanmoins été engagées dans des cas limités de dépassement. Karim Khelfane a également relevé que, malgré les moyens mis à disposition sur les chaînes de télévision et les radios nationales, une grande partie des formations politiques a préféré privilégier les réseaux sociaux, laissant inutilisée près de la moitié du temps d’antenne qui leur était réservé au niveau national, tandis que les radios locales ont connu, à l’inverse, une forte sollicitation durant toute la campagne. Pour encadrer les activités sur les plateformes numériques, l’ANIE a mis en place une commission réunissant magistrats, juristes, enseignants universitaires, spécialistes en informatique et journalistes, chargée d’assurer un suivi permanent des contenus diffusés et de signaler toute infraction éventuelle. Sur la question sensible du financement des campagnes, le président par intérim de l’ANIE a tenu à rappeler que la lutte contre la corruption et l’argent sale constitue une priorité inscrite dans la Constitution et dans la loi organique portant régime électoral. « Il est hors de question que l’argent sale investisse le champ politique ou influence la volonté des électeurs. Les partis politiques et les listes indépendantes sont tenus de justifier l’origine de leurs ressources et l’utilisation de leurs dépenses. La traçabilité est un élément fondamental », a-t-il insisté, précisant que la commission chargée du contrôle des dépenses électorales poursuivra son travail pendant plusieurs mois après la proclamation définitive des résultats.
Le poids des jeunes et des femmes
Le responsable de l’ANIE a également mis en avant le renouvellement de la classe politique à travers la forte présence de jeunes candidats, rappelant que plus de 7 millions d’électeurs inscrits sont âgés de 25 à 40 ans, la loi imposant que la moitié des candidats figurant sur les listes appartiennent à cette tranche d’âge. Plus de 2 000 femmes sont par ailleurs candidates à ce scrutin, tandis que les jeunes des listes indépendantes peuvent bénéficier d’une aide publique destinée notamment aux frais de transport et d’affichage. Karim Khelfane a assuré que l’ensemble des institutions concernées, notamment les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice, de la Communication et de la Santé, ainsi que les différents corps de sécurité, travaillent en coordination permanente avec l’ANIE afin de garantir le bon déroulement du scrutin.
Interrogé sur l’organisation de la journée de vote proprement dite, il a indiqué que des prolongations d’horaires pourront être décidées, conformément aux dispositions légales, jusqu’à 20 heures lorsque les circonstances l’exigent, notamment pour permettre aux électeurs encore présents dans les centres de vote d’accomplir leur devoir électoral. Il a rappelé que les résultats provisoires seront proclamés par l’ANIE dans le délai légal de 72 heures après réception du dernier procès-verbal, avant leur transmission à la Cour constitutionnelle, seule habilitée à annoncer les résultats définitifs après examen des éventuels recours.
Massinissa Raïs
L’ANIE appelle au respect des principes fondamentaux du régime
L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a appelé, mercredi dans un communiqué, l’ensemble des encadreurs des bureaux et des centres de vote à veiller au « respect des principes fondamentaux du régime électoral », en prévision des élections législatives du 2 juillet. « L’Autorité indépendante appelle l’ensemble des encadreurs des bureaux et des centres de vote à veiller au respect des principes fondamentaux du régime électoral et à s’acquitter de leurs missions avec loyauté et neutralité, tout en s’abstenant de tout acte, comportement ou conduite susceptible de porter atteinte à la régularité, à l’intégrité, à la transparence et à la crédibilité de l’opération de vote », précise le communiqué. Dans le même contexte, « l’Autorité indépendante appelle l’ensemble des candidats à l’élection des membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) du 2 juillet, et leurs représentants, à l’impératif de se conformer aux dispositions légales et réglementaires relatives au jour du scrutin et à œuvrer au bon déroulement des opérations de vote », ajoute la même source.
APS

