Soudan : L’ONU redoute une catastrophe humanitaire à El Obeid
Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a tiré une nouvelle sonnette d’alarme face à l’escalade « rapide » de la violence dans la région du Kordofan-Nord, au Soudan, redoutant qu’El Obeid ne subisse le même sort qu’El Fasher, alors qu’une flambée de choléra sévit déjà dans l’Etat voisin du Kordofan occidental. Dans une déclaration publiée sur le site du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), M. Fletcher a dénoncé l’intensification des frappes de drones, qui « tuent des civils » et désorganisent les infrastructures vitales de la ville. « Nous ne pouvons pas permettre qu’El Obeid devienne un autre El Fasher », a-t-il martelé, soulignant que des centaines de milliers de civils, dont une large part de déplacés internes, se trouvent actuellement piégés dans cette zone. Le Coordonnateur des secours a précisé que les frappes aériennes perturbent gravement l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Il a alerté sur l’urgence sanitaire à l’approche de la saison des pluies, expliquant que le manque d’accès à l’eau potable accroît de manière significative le risque d’épidémies de choléra et d’autres maladies hydriques mortelles. Il a par ailleurs rappelé le rôle stratégique de la ville, qualifiée de « centre névralgique » pour les opérations de secours humanitaire dans l’ensemble de la région. Le responsable onusien a exigé la cessation immédiate des attaques contre les zones peuplées et les infrastructures essentielles. « Les civils qui souhaitent quitter El Obeid doivent pouvoir le faire en toute sécurité », a-t-il déclaré, ajoutant que, qu’ils choisissent de partir ou de rester, leur protection demeure une obligation impérative. Il a également réclamé que les travailleurs humanitaires puissent se déplacer « sans entrave » pour atteindre les populations, rappelant que toutes les parties au conflit ont l’obligation claire, en vertu du droit international humanitaire, de protéger les civils et de faciliter l’acheminement rapide de l’aide. « Trop souvent dans cette guerre brutale, les avertissements clairs ont été ignorés. Les civils en ont payé le prix », a conclu M. Fletcher, appelant la communauté internationale à se mobiliser d’urgence et avertissant que « nous ne pouvons pas dire que nous n’avons pas été prévenus ». Cette alerte intervient alors que le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé la survenue d’une « flambée » de choléra dans l’Etat du Kordofan occidental, où 838 cas suspects et 117 décès attribués à la maladie ont déjà été recensés. « Le Soudan a déclaré une flambée de choléra dans l’Etat du Kordofan occidental. Au 20 juin 2026, le ministère de la Santé de cet Etat avait recensé 838 cas suspects de choléra, sept cas confirmés et 117 décès », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Selon lui, cette flambée survient dans un contexte de conflit armé persistant, qui a profondément perturbé le fonctionnement du système de santé, les déplacements de population compliquant davantage l’accès aux soins essentiels. Il a également expliqué que l’insécurité et les restrictions d’accès continuent de retarder le déploiement des équipes d’intervention ainsi que l’acheminement des fournitures médicales et de l’aide humanitaire.
Le directeur général de l’OMS a précisé que l’organisation, en coordination avec ses partenaires, renforce les opérations de riposte, étend le réseau des centres de traitement du choléra et assure la formation des personnels de santé, des spécialistes de la chloration de l’eau ainsi que des équipes chargées de la sensibilisation sanitaire des populations.
R.I.

