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Cisjordanie occupée : La colonisation sioniste s’accélère

La Présidence palestinienne a mis en garde, mercredi, contre de nouveaux plans de colonisation sioniste visant à établir une centaine de points de colonisation à travers la Cisjordanie occupée, tandis qu’à Ghaza, l’arrivée de l’été aggrave chaque jour davantage les conditions de vie déjà catastrophiques de centaines de milliers de Palestiniens privés d’eau, d’électricité et d’abri.

Dans un communiqué rapporté par l’agence de presse palestinienne Wafa, la Présidence palestinienne a dénoncé une « escalade dangereuse » et une « violation flagrante du droit international et des résolutions de la légitimité internationale », précisant que ces nouveaux plans de colonisation visent à annuler les accords d’Oslo. Elle a accusé l’entité sioniste de vouloir « détruire toute possibilité de parvenir à la paix et à la stabilité », dénonçant également la confiscation des terres palestiniennes au mépris de la volonté de la communauté internationale et la volonté de compromettre la solution à deux États ainsi que l’ensemble des efforts internationaux visant à mettre fin à l’occupation. La Présidence palestinienne a appelé la communauté internationale à agir immédiatement et à prendre des mesures concrètes et dissuasives afin de contraindre l’entité sioniste à mettre fin à toutes les activités de colonisation et à respecter le droit international, réaffirmant que le peuple palestinien restera attaché à sa terre et continuera à défendre ses droits nationaux légitimes. Elle a rappelé que la création d’un État palestinien souverain, avec El Qods-Est pour capitale dans les frontières de 1967, conformément aux résolutions de la légitimité internationale, demeure la seule voie permettant d’assurer la sécurité, la stabilité et la paix dans la région.

Cette annonce intervient alors que la situation humanitaire se détériore dangereusement à Ghaza, où l’été accentue une catastrophe déjà installée. « La vie dans les tentes est vraiment difficile et éreintante », témoigne Inas Hamada, habitante d’un camp de réfugiés à Ghaza, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. « Il n’y a aucun moyen de garder l’eau fraîche, pas de ventilateurs, pas d’électricité ou d’air conditionné à actionner. Il n’y a pas de murs pour faire de l’ombre, ni de toits, rien. Juste une tente, un bout de tissu », ajoute-t-elle.

Dans l’ensemble de la bande de Ghaza, environ 170 000 foyers, soit près d’un million de personnes, vivent aujourd’hui sous des tentes. 5 000 autres familles dorment à la belle étoile, tandis que 52 000 vivent dans des refuges surpeuplés, selon le groupe de travail « Shelter Cluster » du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) et ses partenaires. Ce mois-ci, 850 000 personnes manquent encore de matériel d’hébergement d’urgence, alerte le rapport du NRC, qui précise que cette crise du logement n’est pas due aux conditions météorologiques, mais à la destruction, aux déplacements de population et au blocage de l’aide humanitaire par l’entité sioniste.

Les températures à Ghaza oscillent actuellement entre 28 et 31 degrés Celsius le matin, la chaleur devenant plus intense encore à l’intérieur des tentes. Et ce n’est que le début de l’été : l’an dernier, les températures à Ghaza avaient dépassé les 40 degrés Celsius, augmentant considérablement le risque de déshydratation pour une population déjà exsangue.

Dans un rapport publié en avril dernier, l’organisation Médecins sans frontières (MSF) dénonçait la destruction et la privation d’eau et d’assainissement imposées par l’entité sioniste à Ghaza, affirmant que l’instrumentalisation répétée de l’eau par les autorités sionistes relevait d’un schéma récurrent, systématique et cumulatif. L’accès à l’eau potable continue d’être gravement entravé, la plupart des systèmes de canalisation ayant été détruits par l’entité sioniste, de même que la majorité des usines de dessalinisation. « Les autorités [sionistes] savent que sans eau, la vie s’arrête. Pourtant, elles ont systématiquement et délibérément détruit les infrastructures hydrauliques à Ghaza, tout en bloquant de manière constante l’entrée des équipements liés à l’eau », déclarait Claire San Filippo, responsable des urgences chez MSF, avant d’ajouter que des Palestiniens avaient été blessés et tués en tentant simplement d’accéder à l’eau. Elle avertissait que cette privation, combinée à des conditions de vie désastreuses, à une surpopulation extrême et à l’effondrement du système de santé, crée des conditions propices à la propagation des maladies.

De la Cisjordanie occupée à la bande de Ghaza, ces deux développements illustrent, selon les instances palestiniennes, une même logique d’occupation qui, par l’extension de la colonisation d’un côté et la privation méthodique des moyens de survie de l’autre, continue de compromettre toute perspective de paix durable et de mettre en péril les fondements mêmes de la solution à deux États.

Lyes Saïdi

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