Hydraulique : Vers l’interconnexion nationale des systèmes d’eau
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a dévoilé mardi à Djelfa une vision stratégique ambitieuse pour le secteur, relier entre eux l’ensemble des systèmes hydrauliques du pays, barrages, forages et stations de dessalement confondus, afin de garantir la pérennité de la ressource en eau pour les générations futures.
En visite de travail dans cette wilaya des Hauts plateaux, le ministre a d’abord dressé un bilan positif de la politique hydrique nationale, insistant sur l’équilibre atteint à travers le territoire. « L’Algérie est parvenue, grâce à l’importance accordée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, au secteur de l’hydraulique, à assurer un équilibre hydrique dans l’ensemble des wilayas du pays », a-t-il affirmé, avant de préciser que cette dynamique ouvre désormais la voie à une étape supérieure, « concrétiser une vision prospective visant à interconnecter l’ensemble des systèmes hydrauliques, notamment les barrages, les forages et les stations de dessalement de l’eau de mer, afin de garantir la pérennité de cette ressource ».
Les grands transferts, colonne vertébrale de la stratégie
Selon le ministre, cette ambition s’appuie concrètement sur les programmes de grands transferts hydriques, à l’image des projets Sud-Sud et Sud-Hauts plateaux, dont la wilaya de Djelfa sera directement bénéficiaire. À cela s’ajoutent les 19 stations de dessalement d’eau de mer déjà opérationnelles à l’échelle nationale, qui fournissent aujourd’hui 3,6 millions de mètres cubes d’eau par jour aux wilayas côtières et à plusieurs wilayas de l’intérieur du pays.
Le Grand Sud n’est pas en reste dans cette feuille de route. M. Bouzegza a évoqué des investissements qualifiés d’« énormes » consacrés à la réalisation de stations de déminéralisation dans les régions les plus reculées du pays, notamment à Tin Zaouatine, In Salah, Tamanrasset et Tindouf, autant de territoires où l’accès à une eau de qualité demeure un enjeu de développement majeur.
C’est après un exposé consacré à la situation du secteur dans la wilaya que le ministre a mis en avant les retombées concrètes du programme de rattrapage, doté d’une enveloppe de 13 milliards de dinars pour la réalisation de 20 opérations. Ce dispositif, a-t-il assuré, a permis une amélioration progressive et tangible de l’alimentation en eau potable des populations locales. Le déplacement ministériel s’est traduit par une série d’inspections et de mises en service sur le terrain. À El-Birine, M. Bouzegza a examiné l’avancement des travaux d’une station d’épuration des eaux, dont la réception est attendue avant le dernier trimestre de l’année, et inauguré un réservoir d’une capacité de 1.000 mètres cubes. À Sidi Bayzid, à l’est de la wilaya, trois forages profonds ont été mis en service pour renforcer l’alimentation en eau potable du chef-lieu, apportant un débit supplémentaire de 60 litres par seconde. À Messaad, trois autres forages profonds réalisés dans le cadre du programme sectoriel d’urgence ont également été inaugurés. Au champ captant de Zekkar, le ministre a donné le coup d’envoi des travaux de forage de trois nouveaux puits profonds, destinés à alimenter les infrastructures de stockage de la ville de Djelfa.
Chokri Hafed

