Économie

Port d’Annaba : Le terminal phosphatier, un levier stratégique

Le chantier d’extension du terminal phosphatier du port d’Annaba est entré dans une phase décisive. En effectuant, mercredi, une visite d’inspection sur le site, le directeur général de l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires (ANRIP) a pu mesurer les avancées enregistrées sur ce projet appelé à redessiner durablement le rôle du complexe portuaire annabi dans la chaîne logistique nationale. Sur le terrain, les travaux gagnent en intensité. Les opérations de compactage et de stabilisation des terrains se poursuivent conformément aux objectifs fixés, tandis que le remblaiement à l’aide de sable marin s’accélère. Le battage des pieux, réalisé à une cadence d’une dizaine d’unités par jour, traduit la montée en puissance d’un chantier qui bénéficiera, dès cet été, d’un renforcement significatif en moyens humains et matériels afin de respecter les délais de réalisation. Cette accélération ne répond pas uniquement à un impératif de calendrier. Elle reflète l’importance accordée par les pouvoirs publics à un projet appelé à transformer durablement l’organisation de la filière phosphate. L’extension du terminal constitue en effet l’un des maillons indispensables du mégaprojet intégré du phosphate, qui ambitionne de bâtir une chaîne industrielle complète, depuis les gisements de Tébessa jusqu’aux marchés internationaux. Le pari est de taille, il s’agit de substituer progressivement à l’exportation de minerai brut une industrie de transformation capable de produire des engrais et des dérivés à forte valeur ajoutée. Pour atteindre cet objectif, les infrastructures logistiques doivent évoluer au même rythme que les capacités industrielles. C’est précisément la mission assignée au futur terminal phosphatier d’Annaba. Grâce à l’augmentation de ses capacités de manutention, de stockage et de chargement, le port sera en mesure d’absorber les volumes générés par les futures unités de transformation, tout en réduisant les délais d’escale des navires et les coûts logistiques. Ces performances sont devenues déterminantes dans la compétition internationale, où la rapidité des chaînes d’approvisionnement constitue un facteur majeur de compétitivité. Les retombées attendues dépassent largement le périmètre portuaire. L’activité générée par cette nouvelle infrastructure devrait irriguer l’ensemble de l’économie régionale, en stimulant le transport ferroviaire, la sous-traitance industrielle, les entreprises de travaux publics, les activités de maintenance, les services logistiques et les métiers portuaires. Elle contribuera également à renforcer l’attractivité économique de l’Est algérien, appelé à devenir un véritable corridor industriel articulé autour des wilayas de Tébessa, Souk Ahras, Guelma, Annaba et Skikda. Au niveau national, le projet s’inscrit dans la stratégie de diversification de l’économie et de consolidation des exportations hors hydrocarbures. La valorisation locale du phosphate, combinée à des infrastructures portuaires modernes et performantes, devrait permettre à l’Algérie de mieux se positionner sur un marché mondial des engrais en constante évolution, tout en créant davantage de valeur ajoutée sur son territoire. À Annaba, l’extension du terminal phosphatier apparaît ainsi bien plus qu’un chantier portuaire. Elle constitue l’un des leviers de la transformation économique engagée par le pays, en faisant du port un maillon essentiel d’une chaîne industrielle appelée à soutenir la croissance, l’emploi et la souveraineté économique nationale.

Sofia Chahine

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