Sites historiques d’Al Qods, d’El Khalil et de Ghaza : L’UNESCO déclare nulles et non avenues les tentatives sionistes de changement de statut
Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, réuni en sa 48e session à Busan, a adopté mardi une série de décisions inédites visant à protéger le patrimoine culturel palestinien et libanais, alors que les bombardements de l’armée d’occupation sioniste continuent de menacer des sites vieux de plusieurs millénaires, de la Vieille Ville d’Al-Qods occupée à l’antique cité phénicienne de Tyr, au Liban.
Au-delà des chiffres de morts et de destructions qui rythment depuis des mois les bilans de l’agression sioniste, c’est une autre forme de violence qui inquiète désormais la communauté internationale, celle qui s’attaque à la mémoire, à l’identité et à l’âme même des peuples palestinien et libanais. Pierres millénaires, remparts, monastères et paysages culturels sont devenus, au même titre que les populations civiles, des cibles d’une entreprise d’effacement que de nombreux observateurs n’hésitent plus à qualifier de génocide culturel.
Réuni à Busan, le Comité du patrimoine mondial a adopté quatre décisions relatives à la Palestine, déclarant nulles et non avenues toutes les mesures sionistes visant à modifier le caractère, le statut juridique et historique des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Sont concernés la Vieille Ville d’Al-Qods occupée et ses remparts, la Vieille Ville d’Al-Khalil, le monastère de Saint-Hilarion/Tell Um Amer dans la bande de Ghaza, ainsi que Battir, ce paysage culturel en terrasses situé au sud d’Al-Qods occupée. Le Comité a renouvelé son attachement à la valeur religieuse et culturelle exceptionnelle d’Al-Qods occupée, rejetant l’illégitimité de toutes les mesures sionistes, y compris la « Loi fondamentale » relative à la ville sainte. Il a également appelé à l’envoi de missions de suivi à Al-Qods occupée et à Al-Khalil, afin d’évaluer l’état de conservation des sites et de formuler des recommandations professionnelles destinées à préserver leur authenticité et leur valeur universelle exceptionnelle.
Devant le Comité, le délégué permanent de la Palestine auprès de l’UNESCO, Adel Attiya, a averti que les violations sionistes s’inscrivaient dans le cadre d’une politique systématique destinée à renforcer la colonisation et à judaïser Al-Qods occupée. Il a appelé l’UNESCO et l’ensemble des Etats membres à assumer leurs responsabilités politiques et juridiques, à mettre un terme à ces violations et à exiger des comptes de l’occupant sioniste, puissance occupante, pour ses transgressions répétées des conventions internationales protégeant les biens culturels en temps de conflit. La délégation palestinienne a réaffirmé que la sauvegarde du patrimoine culturel constitue une responsabilité collective de la communauté internationale, insistant sur la nécessité de préserver ce patrimoine contre la destruction, la déformation et la falsification, tout en maintenant son statut historique et juridique. Elle a enfin réitéré sa volonté de poursuivre sa coopération avec l’UNESCO et les Etats membres afin de mettre en œuvre les décisions adoptées, de documenter méthodiquement les violations et de mobiliser un soutien international accru en faveur d’un patrimoine palestinien aujourd’hui en danger de mort.
Tyr inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril
Le même jour, à des milliers de kilomètres de la Corée du Sud, c’est au Liban que l’Histoire vacillait un peu plus. Tyr, l’antique cité phénicienne du sud du pays, directement touchée ces derniers mois par les bombardements de l’armée sioniste, a été inscrite mardi sur la Liste du patrimoine mondial en péril, à la demande de l’Etat libanais lui-même. Dans une note publiée à l’occasion de la session de Busan, l’UNESCO a indiqué que le bien avait été directement touché et avait subi des dommages, précisant que son état de conservation suscitait une inquiétude croissante face à la possibilité de nouveaux impacts. L’organisation onusienne a estimé que les conditions optimales n’étaient plus réunies pour assurer la conservation et la protection de la valeur universelle exceptionnelle du site.
Berceau de la civilisation phénicienne et l’une des plus anciennes cités du bassin méditerranéen, Tyr a vu ses habitants fuir massivement après les appels à évacuer lancés par l’armée d’occupation israélienne, tandis que la ville demeurait la cible d’une campagne de frappes soutenue depuis le déclenchement de l’agression sioniste contre le Liban. La cité abrite deux sites protégés inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, où subsistent notamment des vestiges de l’Empire romain, un arc de triomphe monumental et un hippodrome datant du IIe siècle, témoins muets d’une histoire plurimillénaire aujourd’hui à la merci des bombes. De Ghaza à Al-Qods occupée, en passant par Al-Khalil et Tyr, un même fil rouge se dessine , celui d’une région martyre où la destruction du patrimoine accompagne, comme une signature, celle des vies humaines.
Mohand S.

