Tizi-Ouzou : Hommage à Abderrahmane Bouguermouh et Mohand Akli Belkhir
Un hommage a été rendu, mercredi à Tizi-Ouzou, à deux figures disparues de la scène culturelle algérienne, le réalisateur Abderrahmane Bouguermouh et le chanteur Mohand Akli Belkhir, à l’initiative de l’association culturelle Djurdjura, dans une cérémonie marquée par la projection d’un documentaire retraçant leurs parcours respectifs, des témoignages de proches et la remise de trophées symboliques à leurs familles. « Cet hommage à ces deux figures de la vie culturelle est une marque de respect et de reconnaissance de leur apport à la culture nationale, mais aussi un message destiné aux jeunes générations pour qu’elles découvrent le patrimoine culturel national », a souligné Younes Boudaoued, producteur du film documentaire projeté à cette occasion.
Réalisateur et scénariste, Abderrahmane Bouguermouh s’est éteint en 2013 à l’âge de 76 ans, à Alger, des suites d’une longue maladie. Né le 25 février 1936 à Ouzellaguen, dans la wilaya de Béjaïa, fils d’un instituteur et d’une mère au foyer, il grandit bercé par les poèmes et chants kabyles transmis par sa mère. En 1960, il intègre l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) à Paris, où il se forme au métier de réalisateur, avant de tourner ses premières émissions pour la télévision française. Son œuvre la plus marquante reste « La Colline oubliée », adaptation du roman éponyme de Mouloud Mammeri, sortie en 1997 et considérée comme le tout premier long métrage en langue berbère produit en Algérie. Entre-temps, le cinéaste avait poursuivi une carrière riche, signant notamment pour la télévision algérienne les longs métrages « Les Oiseaux de l’été » (1978) et « Noir et blanc » (1980), ainsi que « Cri de pierre » en 1987, plusieurs fois primé à l’étranger.
De son côté, Mohand Akli Belkhir a marqué la chanson et la scène artistique kabyles durant les années 1970 et 1980, avant de se distinguer également comme comédien. Natif de Boudjima, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en 1951, l’artiste avait entamé sa carrière musicale au début des années 1960, se faisant remarquer à travers une émission radiophonique consacrée aux chanteurs amateurs, animée par le regretté Cherif Kheddam. Il enregistre son premier disque en 1973, avant de s’installer en France cinq ans plus tard, où il compose l’une de ses chansons les plus célèbres, « A Sidi Hend Aboudali ». Tout au long de son parcours, il côtoya de grandes figures de la chanson algérienne telles que Slimane Azem, Dahmane El Harrachi et Farid Ali, tout en s’imposant par un style atypique porté sur les sujets de société. Sur le plan cinématographique, l’artiste avait également prêté ses traits au premier court métrage tourné en kabyle, « Dda Mokrane », consacré aux difficultés de l’émigration algérienne en France. Belkhir Mohand Akli s’est éteint en juillet 2020, à l’âge de 69 ans, laissant un répertoire empreint des thèmes de l’exil, de la patrie, de l’identité et de la place de la femme dans la société kabyle.
M.S.

