CAN Féminine 2026 : Les Vertes visent un nouveau cap continental
Portées par une qualification aboutie face au Cameroun et guidées par le technicien Farid Benstiti, les « Vertes » entament dimanche à 18h00 leur septième participation à la Coupe d’Afrique des nations féminine, avec l’ambition assumée de dépasser le stade des quarts de finale atteint pour la première fois en 2024 et de s’imposer durablement parmi les meilleures nations du continent.
La sélection nationale a validé son billet pour cette phase finale au terme d’un parcours éliminatoire sans faute. Les Algériennes avaient d’abord largement dominé le Soudan du Sud au premier tour, s’imposant 5-0 à l’aller avant de confirmer au retour sur le score de 3-0. Le véritable test est venu lors du dernier tour qualificatif, face au Cameroun, l’une des places fortes du football féminin africain. Victorieuses 2-1 à Oran lors de la manche aller, les coéquipières d’Inès Boutaleb sont ensuite allées s’imposer 1-0 à Douala, décrochant leur qualification sur un score cumulé de 3-1. Cette performance permet à l’Algérie d’enchaîner une deuxième participation consécutive à la CAN, confirmant la progression continue du football féminin national sur la scène continentale.
Sur le banc, la sélection peut s’appuyer sur l’expérience de Farid Benstiti, technicien reconnu du football féminin international, passé notamment par l’Olympique lyonnais et le Paris Saint-Germain. Depuis son arrivée à la tête des « Vertes », il a instauré une organisation rigoureuse fondée sur la solidité défensive et la maîtrise collective, tout en intégrant progressivement de nouvelles joueuses autour d’un noyau expérimenté. Au milieu de terrain, Inès Boutaleb s’impose comme l’une des pièces maîtresses du dispositif algérien. Sa vision du jeu, sa qualité technique et son expérience de haut niveau en font l’un des principaux atouts de l’équipe dans les grandes échéances.
L’histoire des Vertes dans cette compétition remonte à 2004, avec des participations également en 2006, 2010, 2014, 2018 et 2024. Longtemps éliminée dès le premier tour, la sélection nationale avait franchi un palier historique lors de la précédente édition en atteignant les quarts de finale, avant d’être éliminée par le Ghana aux tirs au but après un temps réglementaire vierge (0-0). L’exploit réalisé face au Cameroun lors des éliminatoires de cette édition 2026 a renforcé les ambitions algériennes et confirmé le changement de dimension du football féminin national. Avec un groupe alliant jeunesse et expérience, un encadrement technique stable et une confiance renforcée par les récents résultats, l’Algérie espère désormais poursuivre son ascension continentale.
Un tournoi élargi et un groupe relevé
Cette édition 2026 marque un tournant pour la compétition, puisqu’elle acte l’élargissement officiel du plateau à 16 équipes participantes, contre 12 lors des éditions précédentes. Il s’agit de la 14e édition de la CAN féminine depuis son lancement officiel en 1998, la première édition remontant à 1991 sous l’appellation Championnat d’Afrique de football féminin, remportée par le Nigeria face au Cameroun.
Dans ce groupe A élargi, l’Algérie évoluera aux côtés du Sénégal, du Maroc et du Kenya. Les « Vertes » ouvriront leur campagne face au Sénégal ce dimanche, avant d’affronter le pays hôte jeudi 30 juillet à 21h00, puis de conclure la phase de groupes face au Kenya le lundi 3 août à 21h00. Les deux premiers de chaque groupe se qualifieront pour les quarts de finale, programmés le samedi 8 août.
Le Nigeria, ogre indétrônable du continent
Au-delà de l’ambition algérienne, cette CAN 2026 se déroule sous l’ombre du Nigeria, dont le palmarès écrase l’histoire de la compétition. Les Super Falcons comptent 10 sacres continentaux, loin devant la Guinée équatoriale (2 titres) et l’Afrique du Sud (1 titre), un record absolu à l’échelle du football africain, tous genres confondus. Lors de la précédente édition, disputée au Maroc, le Nigeria avait renversé un scénario compromis, revenant de 0-2 pour s’imposer 3-2 en finale face au pays hôte et décrocher une dixième couronne historique. Une razzia qui porte leur bilan en finale à un flatteur 10 sur 10 soit dix finales disputées, dix titres remportés.
Le Nigeria et l’Afrique du Sud demeurent par ailleurs les deux seules sélections à avoir disputé l’intégralité des éditions du tournoi, et les deux seules nations du continent à avoir remporté à la fois la CAN masculine et la CAN féminine, un doublé qui souligne la profondeur de leur culture footballistique. Entre 2000 et 2006, le Nigeria avait déjà enchaîné cinq titres consécutifs, avant que la Guinée équatoriale ne vienne créer la surprise en 2008 en détrônant les Super Falcons. L’édition 2020 avait quant à elle été purement et simplement annulée en raison de la pandémie de Covid-19.
C’est dans ce contexte d’une compétition à la fois élargie et dominée par un ténor increvable que l’Algérie entend écrire une nouvelle page de son histoire, forte d’un groupe soudé et d’une dynamique de résultats qui n’a cessé de croître.
Moncef Dahleb

