Il lâche ses vérités sur le fiasco du Mondial : Mandi solde ses comptes
Fraîchement retraité de l’équipe nationale après treize années et 123 sélections, un record absolu, Aïssa Mandi a rompu le silence sur l’élimination prématurée des Fennecs dès les seizièmes de finale du Mondial-2026, balayant au passage les accusations d’ingérence dans les choix tactiques de Vladimir Petkovic, dans un long entretien accordé au podcast Kampo, animé par Smaïl Bouabdellah.
Longtemps resté en retrait des plateaux médiatiques durant sa carrière, l’ancien défenseur du Betis Séville, aujourd’hui sous les couleurs de Levante, a choisi de s’exprimer sans détour sur les polémiques ayant entouré le naufrage algérien face à la Suisse. Une sortie très attendue, quelques semaines après que le journaliste Romain Molina eut affirmé que Mandi, épaulé par Riyad Mahrez, aurait poussé le sélectionneur bosnien à abandonner le système à trois défenseurs qui avait pourtant convaincu durant la préparation. Face à ces accusations, le désormais retraité international n’a laissé planer aucune ambiguïté. Il a d’abord tenu à minimiser l’importance de ceux qui colportent, selon lui, des contre-vérités, avant de trancher net sur le fond de l’affaire. « C’est n’importe quoi. Je n’ai jamais fait ça dans ma carrière », a-t-il martelé, précisant qu’il n’aurait jamais osé dicter sa conduite à un technicien aussi expérimenté que Petkovic. Le champion d’Afrique 2019 a insisté sur la nécessité de remettre les choses à leur juste place, estimant qu’on pouvait légitimement commenter ses performances de footballeur, mais que s’en prendre à sa probité d’homme relevait d’un tout autre registre. « Quand ça touche le sportif, tout le monde peut me critiquer, il n’y a pas de problème, mais quand ça touche l’homme, les valeurs et la réputation que j’ai mis 16 ans à construire, là je n’accepte pas », a-t-il confié, visiblement marqué par la tournure prise par cette polémique.
Loin de se réfugier derrière ce démenti pour éluder tout bilan critique, l’ancien capitaine par intérim des Verts a également livré une lecture lucide des manquements de la sélection durant ce Mondial américain, rejoignant sur ce point les critiques formulées par d’anciennes gloires du football national, à l’image d’Islam Slimani, Djamel Benlamri, Anthar Yahia ou encore Rabah Madjer. Revenant sur la montée en puissance progressive de l’équipe après un premier match raté face à l’Argentine, Mandi a reconnu que le supplément d’âme nécessaire avait manqué au moment décisif contre la Suisse. « On n’a pas eu ce supplément d’âme de pouvoir retourner une situation, de pouvoir enflammer le match. On n’a pas créé d’émotions, et c’est ça qui nous est reproché (…) Il manquait quelque chose, et ça on ne peut être que d’accord parce que tout le monde l’a vu », a-t-il admis, sans chercher à minimiser cette carence collective.
Interrogé plus largement sur les critiques qui ont accompagné la fin de son parcours international, le défenseur formé au Stade rennais a expliqué avoir développé, au fil de sa longue carrière, une forme de blindage psychologique face aux jugements extérieurs. Il a notamment comparé sa situation à celle de stars mondiales comme Kylian Mbappé, dont les choix ont pu, eux aussi, être contestés avant même le début du tournoi. « J’ai toujours reçu des critiques dans ma carrière. C’est normal en tant que footballeur (…) Pourquoi moi, Aïssa Mandi, je ne vais pas me faire critiquer ? », a-t-il relativisé, tout en reconnaissant que ces attaques répétées pesaient davantage sur son entourage familial que sur lui-même. « Pour la famille c’est encore différent. Ils n’ont pas encore cette capacité de résister à ce genre de trucs. C’est très dur pour eux », a-t-il déploré.
L’ancien pensionnaire de Villarreal a par ailleurs profité de cette prise de parole pour adresser un message d’encouragement à la nouvelle génération appelée à prendre le relais des Fennecs, exprimant une confiance affichée dans l’avenir de la sélection malgré la déception du Mondial. Selon lui, les jeunes talents qui composent aujourd’hui l’ossature de l’équipe possèdent non seulement le niveau footballistique requis, évoluant pour la plupart dans de grands clubs européens, mais également les qualités humaines nécessaires pour porter dignement le maillot national. « C’est des vrais bons jeunes joueurs qui évoluent dans de bons clubs. Ils ont un bel avenir. Plus que des joueurs, c’est des vrais hommes », a-t-il assuré, glissant un mot d’encouragement pour cette génération montante.
Avec ce départ, quelques jours après celui de Riyad Mahrez, c’est tout un cycle qui se referme pour l’équipe nationale, marqué par le sacre continental de 2019 mais aussi par deux désillusions successives en Coupe du monde.
M. Dahleb

