Boutbig à l’ouverture de la session ordinaire du PAP : La Zlecaf est « un projet civilisationnel et stratégique »
« Un projet civilisationnel et stratégique qui incarne la volonté de l’Afrique de bâtir son avenir par ses propres moyens ». C’est en ces termes que le président du Parlement panafricain (PAP), Fateh Boutbig, a défini lundi la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), refusant d’y voir un « simple accord économique ». Une déclaration forte, prononcée à l’ouverture de la première session ordinaire de la septième législature du PAP, tenue au siège de l’institution à Midrand, en Afrique du Sud. Devant les parlementaires réunis, M. Boutbig a réaffirmé l’engagement du PAP à être un « partenaire actif » dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, présenté comme le cadre stratégique incarnant les aspirations des peuples du continent à une Afrique prospère, intégrée, sûre et capable de prendre la place qui lui sied dans le concert des nations. Il a qualifié cette session de « charnière dans le parcours de notre institution continentale », plaçant la nouvelle législature sous le signe de « la réforme, l’efficacité, le partenariat et la réalisation ».
Le président du PAP a détaillé la feuille de route des cinq prochaines années, articulée autour de « quatre axes stratégiques à savoir le renforcement de la performance institutionnelle du Parlement, la consolidation des principes de bonne gouvernance, le soutien à l’intégration économique et législative du continent, et l’ancrage de la diplomatie parlementaire au service de la paix, de la justice et du développement », le tout accompagné d’un effort de transformation et de souveraineté numériques du continent.
C’est dans ce contexte que la Zlecaf occupe une place centrale dans le discours de M. Boutbig, qui y voit l’expression d’une volonté d’émancipation économique africaine. Il a précisé que le PAP poursuivra son soutien à sa mise en œuvre « à travers le rapprochement législatif, l’harmonisation des législations nationales et le suivi des engagements continentaux », plaçant ainsi l’institution parlementaire comme un rouage essentiel de l’intégration économique du continent, aux côtés des exécutifs nationaux.
Le président du PAP n’a pas manqué d’aborder les grands dossiers politiques du continent. Il a réitéré la solidarité de l’institution avec le peuple palestinien et son soutien à ses droits légitimes, « notamment son droit à établir son Etat indépendant », appelant à mettre fin à la souffrance des civils et au respect des résolutions onusiennes. Il a de même réaffirmé l’attachement du PAP au parachèvement du processus de décolonisation, conformément à la Charte des Nations Unies et à l’Acte constitutif de l’Union africaine. Enfin, M. Boutbig a insisté sur l’autonomisation des femmes et des jeunes, qualifiée de « pilier fondamental » pour l’avenir du continent, appelant à « renforcer la présence des femmes aux postes de direction » et à garantir aux jeunes éducation de qualité et opportunités d’emploi, en tant que « partenaires du présent et artisans du changement ».
R.N.

