Sahara occidental : Aucune alternative à l’exercice du droit à l’autodétermination
Des diplomates, experts et chercheurs, réunis mardi à Alger dans le cadre d’un colloque scientifique consacré à la question du Sahara occidental, ont été unanimes à affirmer qu’il n’existe aucune alternative à l’exercice, par le peuple sahraoui, de son droit inaliénable à l’autodétermination à travers l’organisation d’un référendum libre et régulier, conformément aux exigences de la légalité internationale. Les intervenants ont également souligné l’importance stratégique des médias pour déconstruire le narratif de l’occupation marocaine et consolider la solidarité internationale avec la cause sahraouie. Intervenant en ouverture de la seconde et dernière journée des travaux, l’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à Alger, Khatri Addouh, a animé une conférence intitulée « Perspectives de solution et de règlement futur », au cours de laquelle il a réaffirmé que l’unique solution consensuelle pour le règlement de la question sahraouie réside dans « l’organisation du référendum d’autodétermination, conformément à l’accord conclu avec le Maroc en 1991 sous l’égide de l’ONU ». Le diplomate a souligné que la communauté internationale est appelée, « de manière urgente », à intensifier ses efforts en soutien aux démarches onusiennes visant à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance via un référendum libre et démocratique, « seule voie viable pour l’instauration d’une paix juste et durable dans la région ».
Les deux tables rondes organisées lors de cette journée ont vu les intervenants réitérer que la seule référence pour la résolution du conflit demeure l’organisation de ce référendum. Le conseiller auprès du président sahraoui, chargé du dossier des ressources naturelles et des questions juridiques, Oubi Bouchraya Bachir, a précisé que le peuple sahraoui s’appuie aujourd’hui sur un « socle juridique et légal solide », lui permettant de poursuivre son combat, fort des règles du droit international ainsi que des résolutions et positions des instances africaines, au premier rang desquelles l’avis consultatif rendu en septembre 2022 par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Il a également mis en avant l’arrêt de 2024 de la Cour de justice de l’Union européenne, qui a consacré « le statut juridique distinct et séparé du territoire du Sahara occidental ». Des experts en droit ont, par ailleurs, appelé à l’engagement de poursuites judiciaires contre les responsables de l’occupation marocaine pour les crimes commis. Au terme des travaux, le directeur général de l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG), Abdelaziz Medjahed, a soutenu que la doctrine expansionniste de l’occupation marocaine remonte aux années 1940, appelant à « une mobilisation générale pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination ». Les participants au colloque ont clôturé leurs travaux en insistant sur la nécessité de se conformer à la légalité internationale et de mettre en œuvre les résolutions de l’ONU relatives au processus de décolonisation du Sahara occidental. Ils ont réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, tout en plaidant pour l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) à la question des droits de l’Homme, notamment le droit du peuple sahraoui à la souveraineté sur ses ressources naturelles.
Les recommandations exhortent également la société civile à intensifier le suivi et la documentation des violations et crimes internationaux commis dans les territoires sahraouis occupés, et appellent à assister les victimes pour introduire des plaintes devant les juridictions internationales et régionales. Les participants ont en outre souligné l’importance de la désignation d’un Rapporteur spécial chargé de surveiller la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental auprès du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.
Les recommandations appellent aussi à dévoiler l’ampleur du pillage des ressources naturelles sahraouies par l’occupation marocaine, afin de démasquer la désinformation pratiquée par Rabat à cet égard, ainsi qu’au développement de programmes de formation spécialisés dans les médias et à l’élaboration d’une stratégie de communication en faveur de la cause sahraouie, incluant la production de contenus numériques multilingues fondés sur des sources fiables.
L. S.

