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Hydraulique : Un plan d’action tous azimuts pour sécuriser l’AEP à Alger

Réunis samedi au siège de la wilaya d’Alger, le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, et le ministre, wali d’Alger, Abdenour Rabehi, ont arrêté une série de mesures destinées à renforcer la fiabilité du service public de l’eau dans la capitale. Au menu, l’accélération des grands chantiers de stockage, la lutte contre les pertes en réseau, la numérisation de la gestion et création d’une commission technique élargie à trois wilayas limitrophes.

La gestion de l’eau représente un défi dans la Capitale dont la population dépasse désormais 4,6 millions d’habitants et dont l’expansion urbaine ne cesse de tirer la demande en eau vers le haut. Dans ce contexte, le ministre de l’Hydraulique a présidé samedi une réunion de travail consacrée à la situation du secteur à Alger, en présence du ministre, wali d’Alger. L’objectif affiché est de consolider un service public mis sous tension par la croissance des nouveaux pôles urbains et par des pertes en réseau qui restent considérables.

Selon un communiqué du ministère de l’Hydraulique, les échanges ont débouché sur plusieurs décisions concrètes, à commencer par l’accélération du programme déjà inscrit auprès de la direction de l’hydraulique de la wilaya, ainsi que la réalisation de grandes infrastructures de stockage. Ces ouvrages doivent permettre, précise la même source, « la maîtrise optimale de la distribution d’eau et la continuité du service public », en particulier lorsque surviennent des pannes au niveau des sites de production.

Près de 40% de pertes sur le réseau

L’un des chantiers prioritaires concerne l’état du réseau lui-même. Le ministère a en effet fait état d’un taux de déperdition préoccupant, imputable pour près de 20% aux fuites et pour 20% supplémentaires aux branchements anarchiques et non réglementaires, soit près de deux cinquièmes du volume distribué qui échappent à une gestion maîtrisée. Pour y remédier, les autorités misent sur une intensification des opérations de rénovation et de réhabilitation des canalisations, mais aussi sur un recours accru au numérique afin, selon le communiqué, d’assurer « une meilleure maîtrise du système hydrique » et d’accélérer les interventions sur le terrain.

Le volet environnemental n’a pas été oublié. La réunion a ainsi insisté sur la nécessité de protéger de la pollution les principaux oueds de la capitale, notamment celui d’El Harrach, Mazafran et El Hamiz, et de mettre fin aux rejets sauvages, en parallèle d’un effort pour augmenter la valorisation des eaux usées traitées et élargir leurs usages, notamment au bénéfice des espaces verts et de la propreté urbaine.

Autre décision structurante actée lors de cette rencontre tenue au siège de la wilaya, celle relative à la mise en place d’une commission technique intersectorielle regroupant Alger et les wilayas voisines de Boumerdès, Tipasa et Blida. Cette instance aura pour mission de suivre l’évolution du service public d’alimentation en eau potable et d’assainissement, et de resserrer la coordination entre les différents intervenants du secteur à l’échelle régionale. Le ministre a par ailleurs annoncé la tenue de rencontres périodiques pour suivre, sur le terrain, la mise en œuvre des programmes et projets décidés.

De son côté, le wali d’Alger a plaidé pour l’élaboration d’un programme spécial d’appui à la capitale, destiné à combler les insuffisances constatées et à renforcer les infrastructures existantes. Un tel dispositif permettrait, selon lui, de mieux accompagner l’expansion urbaine et la hausse continue de la demande, tout en garantissant la continuité de l’approvisionnement et l’amélioration des performances des réseaux d’eau potable et d’assainissement dans l’ensemble des communes de la wilaya.

Le communiqué du ministère resitue l’ensemble de ces mesures dans le contexte de « l’expansion urbaine rapide que connaît la capitale, notamment avec les nouveaux pôles urbains, entraînant une augmentation constante de la demande en eau », d’où la nécessité, souligne le texte, de « renforcer le système hydraulique pour continuer à assurer un service public régulier et stable ».

Le dessalement domine

Les chiffres présentés en réunion donnent la mesure des enjeux. Alger produit quotidiennement 1,1 million de mètres cubes d’eau potable, distribués via un réseau de plus de 809 kilomètres. Cet approvisionnement repose désormais majoritairement sur le dessalement d’eau de mer, qui couvre 62% des besoins grâce à dix stations d’une capacité de 690.000 m3/jour, loin devant les quatre barrages de la wilaya (21%, soit 227.000 m3/jour) et les ressources souterraines (17%, soit 192.000 m3/jour). La capacité de stockage globale avoisine le million de mètres cubes, répartie sur environ 180 réservoirs.

Sur le volet assainissement, six stations d’épuration d’une capacité cumulée de 600.000 m3/jour traitent quotidiennement près de 250.000 m3 d’eaux usées, dont environ un million de mètres cubes sont réutilisés chaque année, principalement pour l’irrigation.

En clôture des travaux, Lounès Bouzegza a appelé à « poursuivre la mobilisation et le travail sur le terrain », à intervenir rapidement pour réparer les pannes, et à informer régulièrement les citoyens des programmes de maintenance ou des perturbations susceptibles d’affecter la distribution, « afin de garantir un service public de qualité répondant aux attentes des habitants de la wilaya d’Alger ». La réunion s’est tenue en présence de l’Inspecteur général du ministère, de cadres de l’administration centrale, des PDG des établissements sous tutelle, ainsi que du secrétaire général de la wilaya et des walis délégués.

Samir Benisid

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