Recensement des entreprises de production nationale : 31 août, dernier délai pour se conformer aux règles
Le ministère de l’Industrie a annoncé, dans un communiqué diffusé lundi, la prolongation jusqu’au 31 août 2026 du délai accordé aux entreprises industrielles pour déclarer leurs données de production sur la plateforme numérique « Intaj Watani » (Production nationale), un dispositif censé doter l’Algérie, pour la première fois, d’une base de données fiable sur son appareil productif réel.
« Les opérations de déclaration de la production et la présentation des rapports d’activité propres aux établissements au niveau de la plateforme numérique « Intaj Watani » se poursuivent jusqu’au 31 août 2026, et il est demandé à l’ensemble des opérateurs économiques concernés de procéder à cette opération avant l’expiration de son délai légal », précise le département de Yahia Bachir.
Ce nouveau report, le second depuis le lancement du dispositif fin décembre 2025, la première échéance ayant été fixée au 28 février puis repoussée à fin août, traduit la volonté du ministère de laisser aux industriels le temps matériel de se conformer à une obligation dont l’enjeu dépasse la simple formalité administrative. Il s’inscrit dans l’exécution de l’arrêté interministériel conjoint du 26 avril 2025, qui fixe les modalités de transmission par les établissements économiques relevant du secteur de l’industrie, exerçant une activité de production de biens, des données relatives à la production physique et aux intrants utilisés.
Le texte gouvernemental rappelle que cette collecte statistique s’inscrit « dans le cadre du soutien au système statistique national », un système que les pouvoirs publics veulent « exhaustif et fiable » pour appuyer la décision publique « dans le renforcement du développement économique et industriel et la protection du produit national ». Derrière la formule institutionnelle se dessine un objectif de fond, celui de mettre fin au pilotage à vue des politiques industrielles, longtemps bâties sur des estimations approximatives, et donner à l’État les moyens d’ajuster ses arbitrages, droits de douane, quotas d’importation, soutien à des filières précises, sur la base de données de terrain actualisées plutôt que de projections datées.
L’enjeu est d’autant plus sensible que l’Algérie a fait de la maîtrise de sa facture d’importations et de la substitution progressive aux produits étrangers par la production nationale l’un des axes structurants de sa politique économique. Connaître avec précision les capacités de production réelles, les volumes effectivement fabriqués localement et la nature des intrants encore importés permet en théorie d’identifier les filières où la production nationale peut se substituer à l’achat extérieur, et celles où des mesures de soutien ciblées restent nécessaires. C’est dans cette logique de régulation fine du marché que s’inscrit la plateforme, conçue comme un outil de diagnostic préalable à toute décision de politique publique en matière industrielle.
Pour accompagner les entreprises dans cette démarche, le ministère a maintenu opérationnelles les cellules d’écoute et d’orientation implantées au niveau de chaque direction de wilaya de l’Industrie, chargées de la coordination, de la réponse aux préoccupations et de la prise en charge des interrogations que soulève l’opération de déclaration.
Le ministère a par ailleurs tenu à rappeler, de manière insistante, le caractère obligatoire de la démarche. « Tous les opérateurs économiques concernés sont tenus de déclarer leur production, et tout manquement dans l’exécution des dispositions de l’arrêté entraîne l’application des sanctions prévues à l’article 48 de la loi n° 18-18 du 27 décembre 2018 portant loi de finances pour 2019 », rappelle le communiqué. Depuis son lancement, le dispositif a connu plusieurs ajustements. La plateforme, accessible à l’adresse https://prodnat.industrie.gov.dz, prévoit qu’après l’enregistrement électronique, les opérateurs déposent deux exemplaires de la déclaration sur l’honneur auprès de la direction de l’Industrie territorialement compétente, laquelle leur remet en retour une copie visée attestant de l’accomplissement de la formalité.
Sabrina Aziouez

