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L’Algérie remet à l’Allemagne l’otage libéré au Niger : Un rôle pivot dans la sécurité du Sahel

Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères a profité de la remise d’un ressortissant allemand enlevé au Niger pour réaffirmer l’engagement constant de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme et les prises d’otages en zone sahélienne, une doctrine portée depuis plusieurs années par le président de la République  Abdelmadjid Tebboune.

Le ressortissant allemand Ulumaskan Sinan, enlevé par un groupe criminel armé alors qu’il séjournait au Niger, a été remis lundi aux autorités de son pays lors d’une cérémonie tenue au siège du ministère des Affaires étrangères à Alger. C’est le secrétaire général du ministère, Lounès Magramane, qui a supervisé la remise de l’otage à l’ambassadeur d’Allemagne à Alger, Georg Felsheim, l’occasion pour lui de resituer cette libération dans un cadre plus large, celui de l’engagement historique de l’Algérie pour la stabilité du Sahel.

Devant l’ambassadeur allemand, le secrétaire général a salué « les efforts déployés par les institutions de l’État algérien, notamment les corps de sécurité relevant du ministère de la Défense nationale », qu’il a remerciés pour avoir permis la libération du ressortissant allemand. Il a rappelé que celui-ci avait été transféré vendredi soir « dans les meilleures conditions » de la base de déploiement secondaire d’In Guezzam vers la base aérienne de Boufarik, avant d’ajouter que les autorités algériennes s’étaient « immédiatement assurées du bon état de santé » de l’otage dès sa réception, tout en tenant Berlin informé « jusqu’à son retour sain et sauf dans son pays auprès des siens ».

Pour Lounès Magramane, cette opération vient confirmer un savoir-faire éprouvé. Il a souligné que les services de l’État algérien avaient « veillé au succès de cette opération, à l’instar de plusieurs autres opérations de libération d’otages menées par le passé », mettant en avant le « rôle pionnier de l’Algérie dans les initiatives de médiation, de dialogue et de concertation » ainsi que son « devoir humanitaire de préserver la vie et la dignité de tout citoyen, quel que soit son pays, et où qu’il se trouve ».

« Tout ce qui porte atteinte aux pays voisins nous affecte »

Le responsable a tenu à replacer cet épisode dans une position de principe défendue de longue date par la diplomatie algérienne. Il a affirmé que le pays, « de par son expérience et son passé, s’opposera toujours à toutes les formes d’extrémisme violent, aux actes criminels et terroristes et aux pratiques odieuses d’enlèvement et de paiement de rançons », rappelant la contribution reconnue de l’Algérie à la criminalisation de ces pratiques au sein des instances internationales, en référence à son rôle moteur dans l’adoption de résolutions onusiennes interdisant le versement de rançons aux groupes armés.

Lounès Magramane a enfin élargi son propos à la doctrine régionale de l’Algérie, estimant que « tout ce qui porte atteinte aux pays voisins nous affecte inévitablement ». Il a précisé que la sécurité, la stabilité et la prospérité des pays voisins et amis « demeureront parmi les priorités de l’agenda politique et diplomatique défini par les hautes autorités de l’État algérien, conformément aux hautes instructions et orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune ».

L’Allemagne souligne le rôle clé de l’Algérie

Prenant la parole à son tour, l’ambassadeur Georg Felsheim a adressé ses remerciements aux autorités algériennes pour « tous les efforts qu’elles ont déployés » et pour leur « rôle constructif » ayant permis le retour du ressortissant allemand « en toute liberté ». Ulumaskan Sinan a lui-même exprimé sa gratitude envers les hautes autorités du pays ainsi qu’envers l’Armée nationale populaire.

Cette libération intervient dans la continuité d’une doctrine assumée par Alger, fondée sur le refus de toute logique de rançon et sur la conviction que la sécurité régionale ne peut se construire durablement que par le co-développement et le partage d’expertise avec les pays voisins. Le président Tebboune a plusieurs fois insisté sur cette approche, plaçant l’Algérie en position de partenaire de stabilisation plutôt que de simple acteur sécuritaire, à travers un accompagnement conjuguant coopération militaire, appui institutionnel et projets structurants.

L’année 2026 a été marquée par plusieurs illustrations concrètes de cet engagement. L’Algérie a multiplié les initiatives de rapprochement avec le Tchad et le Niger, deux pays directement exposés à l’instabilité sahélienne, à travers des visites de haut niveau, des échanges de renseignement et un appui logistique renforcé aux forces de sécurité locales. Ce volet sécuritaire s’accompagne de grands chantiers d’intégration économique censés ancrer durablement la stabilité régionale, à l’image de la route transsaharienne reliant Alger à Lagos via Tamanrasset et le Niger, ou du projet de gazoduc transsaharien destiné à relier les gisements nigérians au marché européen via le territoire algérien. Ces infrastructures, portées comme des leviers de développement partagé, traduisent la conviction affichée par Alger que la lutte contre le terrorisme au Sahel ne peut se limiter à une réponse militaire et doit s’appuyer sur des perspectives économiques concrètes pour les populations de la région.

Pour rappel, les services de sécurité de l’Armée nationale populaire avaient réceptionné vendredi soir le ressortissant allemand, alors détenu depuis près de deux semaines par le groupe criminel qui l’avait enlevé au Niger, selon un communiqué du ministère de la Défense nationale. Le document précisait que l’otage, en bonne santé au moment de sa prise en charge, avait été acheminé par avion militaire depuis la base de déploiement secondaire d’In Guezzam, relevant de la sixième région militaire, vers la base aérienne de Boufarik, dans la première région militaire, avant sa remise aux autorités allemandes. Dans ses déclarations rapportées par la même source, Ulumaskan Sinan était revenu sur les circonstances de son enlèvement et avait exprimé sa reconnaissance envers les autorités militaires algériennes pour l’accueil et la prise en charge dont il avait bénéficié, ainsi qu’envers les hautes autorités du pays, à leur tête le président de la République, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense nationale, pour son retour sain et sauf dans son pays.

Salim Amokrane

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