Économie

Extension du port d’Annaba : Les travaux s’accélèrent

Le gouvernement maintient la pression pour accélérer un chantier suivi de près par le président de la République M. Abdelmadjid Tebboune. Le chantier d’extension du port phosphatier d’Annaba reste sous haute surveillance. Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a effectué, dans la nuit de lundi à mardi, une visite inopinée sur le site, accompagné du wali d’Annaba, Abdelkrim Laâmouri, pour s’enquérir directement de la cadence des travaux et de la mobilisation des moyens nécessaires à la réalisation du futur quai minier. Une démarche qui illustre l’importance accordée par les pouvoirs publics à cette infrastructure appelée à jouer un rôle central dans la concrétisation du projet intégré du phosphate. Loin d’être une opération portuaire isolée, l’extension du port d’Annaba constitue en effet l’un des maillons essentiels d’une chaîne industrielle et logistique qui relie le gisement de Bled El-Hadba, à Tébessa, aux unités de transformation d’Oued Kebrit, à Souk Ahras, puis aux installations d’exportation d’Annaba. Les autorités ont, à plusieurs reprises, souligné le caractère stratégique de cet ensemble et la nécessité d’en assurer la réalisation dans les délais fixés. Le président Abdelmadjid Tebboune a notamment donné des instructions pour accélérer la réalisation du quai minier et assurer une coordination étroite entre les différents secteurs concernés.

Un chantier qui fonctionne à plein régime

Sur le terrain, le ministre a pu constater l’intensité des travaux, y compris durant la nuit. L’opération de battage des pieux a atteint 656 pieux réalisés sur les 1 332 prévus, une étape déterminante pour la consolidation des fondations du futur ouvrage. Les travaux d’enrochement au niveau du mur du quai se poursuivent également, parallèlement aux opérations de dragage du sable marin. Réalisé à l’aide d’un navire spécialisé, le dragage est effectué de manière continue. Le sable est pompé puis acheminé à travers des conduites flottantes afin de constituer progressivement le remblai nécessaire à l’aménagement des espaces situés derrière le quai. La cadence annoncée atteint 30 000 m³/j, témoignant de la mobilisation importante des moyens matériels sur ce chantier. Abdelkader Djellaoui a également inspecté les travaux de réalisation des poutres en béton armé ainsi que les préparatifs liés aux dalles préfabriquées qui doivent constituer la superstructure du futur quai minier. Ces différentes opérations avancent en parallèle afin de permettre au projet de franchir rapidement ses différentes étapes techniques. L’extension du port ne se limite toutefois pas à la construction de ce quai. Le projet prévoit notamment une importante extension des infrastructures portuaires, avec un nouveau dispositif dédié aux activités minières et à l’exportation. Selon les données disponibles, le quai minéralier doit s’inscrire dans une infrastructure comprenant notamment des aménagements portuaires, des zones arrière et des opérations de dragage destinées à améliorer les conditions d’accueil des navires. Le futur dispositif est appelé à traiter à terme près de 10 millions de tonnes/an de phosphate et de produits phosphatés, acheminés depuis les zones minières de l’Est par le corridor ferroviaire minier.

Annaba au cœur de la chaîne phosphatière

L’enjeu dépasse donc largement les limites du port d’Annaba. Le futur quai minier doit constituer le débouché maritime d’un système logistique intégré reliant le gisement de Bled El-Hadba à Tébessa au pôle de transformation d’Oued Kebrit, avant l’acheminement des produits vers Annaba pour leur exportation. Cette articulation est notamment soutenue par la ligne ferroviaire minière Est, longue de 422 km, qui traverse plusieurs wilayas avant de relier les zones de production au complexe portuaire d’Annaba. Le projet s’inscrit ainsi dans une ambition plus large, celle de valoriser davantage les ressources minières nationales, développer la transformation locale et accroître la production d’engrais, tout en renforçant les capacités d’exportation hors hydrocarbures. Le projet intégré du phosphate prévoit notamment l’exploitation du gisement de Bled El-Hadba et la transformation du minerai en produits à plus forte valeur ajoutée, avec un objectif annoncé de 6 millions de tonnes de phosphate enrichi par an destinées notamment à la transformation locale. C’est cette dimension stratégique qui explique la mobilisation répétée du gouvernement autour du chantier. Dès le lancement des travaux d’extension du port, les autorités avaient insisté sur le caractère stratégique du projet et sur la nécessité de respecter les délais de réalisation. Depuis, plusieurs réunions de coordination et visites de terrain ont été consacrées au suivi du quai minier, avec pour objectif d’accélérer la cadence et de lever les éventuelles contraintes. À l’issue de sa visite nocturne, Abdelkader Djellaoui a ainsi appelé les entreprises à renforcer le suivi de terrain, à améliorer la coordination entre les différents intervenants et à maintenir le rythme des travaux durant la nuit. Le message est clair, aucun relâchement n’est permis sur un chantier qui conditionne, en partie, la mise en place de la chaîne logistique du projet intégré du phosphate

Sofia Chahine

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